mardi 29 octobre 2013

RDC: l'armée a repris Kibumba et Kiwanja aux rebelles du M23

Une colonne de militaires des forces congolaises progresse à proximité de Kibumba, au nord de Goma, samedi 26 octobre.
Une colonne de militaires des forces congolaises progresse à proximité de Kibumba, au nord de Goma, samedi 26 octobre.
REUTERS/Kenny Katombe

Par RFI
Pour la troisième journée consécutive, les combats se sont poursuivis dans l'est de la RDC entre les rebelles du M23 et l'armée congolaise. Un nouveau front s'est ouvert à 70 kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, où l'armée a repris Kiwanja ce dimanche 27 octobre. Le M23 semble reculer car, samedi déjà, les FARDC annonçaient avoir pris le contrôle de la localité de Kibumba.

La localité de Kibumba, à 20 kilomètres au nord de Goma, a été prise par l’armée congolaise, samedi 26 octobre. La rébellion du M23 a donc été obligée de reculer de plusieurs kilomètres plus au nord dans la zone qu’elle contrôle toujours.

→ A (RE) LIRE : RDC: pas d’accalmie dans les combats entre l’armée et le M23
Kibumba, une ville très commerçante, tout près de la frontière rwandaise et donc stratégique, a été conquise au prix d’intenses combats des deux côtés toute la journée, avec des tirs de mortiers et l’intervention de chars.

Par ailleurs, bien plus au nord, à 70 kilomètres environ de Goma, des échanges de tirs ont eu lieu samedi autour de la localité de Kiwanja, une large zone sous le contrôle du M23. Ce dimanche, la ville était finalement sous le contrôle des FARDC et des casques bleus.

Selon un expert militaire, cette nouvelle offensive pourrait servir à diviser les forces du M23, l’attaquer par le nord et le sud pour tenter d’affaiblir la rébellion et, à terme, l’obliger à désarmer par la force et la faire reculer.

Ce samedi soir, avec la tombée de la nuit les combats se sont un peu calmés mais tous les observateurs s’attendent à de nouveaux assauts et d’intenses combats ce dimanche.


Fosses communes découvertes
Par ailleurs, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, a confirmé ce dimanche l'existence de deux fosses communes à Kibumba.

Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku
REUTERS/Kenny Katombe
 
« Je réclame une enquête internationale pour aller établir les responsabilités et le contenu avec des spécialistes », a déclaré le responsable à l'AFP. Le nombre de corps découverts n’est pas connu pour l’heure.
La veille, un capitaine de l’armée avait affirmé à l’agence de presse que trois fosses communes avaient été découvertes.


■ REACTION : La Monusco s'inquiète du retour des populations à Kibumba

Dans le Nord-Kivu, plusieurs centaines de personnes se dirigent vers les zones d'affrontements, croyant que le calme est revenu. L'inquiétude est forte chez Ray Torres, le chef de la Monusco.

Ray Torres
Chef de la Monusco à Goma
Comme les troupes du gouvernement de la République démocratique du Congo ont fait des avancées très notoires et rapides, il y a peut-être l'impression que la situation est sous contrôle, que les combats ont cessé, d'où le danger.
 
26/10/2013 par Anna Sylvestre
tags: M23 - RDC

RDC: selon la Monusco, le M23 est «quasiment fini» militairement

Les soldats congolais des FARDC fêtent leur victoire militaire à Rumangabo, au nord de Goma, sur les rebelles du M23, le 28 octobre 2013.
Les soldats congolais des FARDC fêtent leur victoire militaire à Rumangabo, au nord de Goma, sur les rebelles du M23, le 28 octobre 2013.
REUTERS/Kenny Katombe

Par RFI
Après Kibumba, Kiwanja et Rutshuru-centre, l'armée congolaise continue sa progression dans l'est de la République démocratique du Congo. Lundi 28 octobre, les FARDC appuyés par la force de l'ONU, la Monusco, ont repris le camp militaire de Rumangabo. Une situation qui a amené le chef de la Monusco, Martin Kobler, à déclarer en visioconférence depuis Goma et devant le conseil de sécurité de l'Onu réuni en urgence à New York, que la rébellion du M23 est «quasiment finie en tant que force militaire». Pour le diplomate, le M23 doit donc à présent désarmer et revenir à la table des négociations.

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

«L'accueil est triomphal ! Juchés sur des blindés les soldats congolais et Casques bleus défilent à Kiwanja» : écoutez le reportage de notre envoyée spéciale
 
29/10/2013
par Léa-Lisa Westerhoff
 
 
Le M23 est maintenant «quasiment militairement fini». C’est la conclusion du chef de la mission l’ONU en RDC. 

Martin Kobler affirme que presque toutes les positions du M23 ont été abandonnées et reprises par l’armée congolaise. Les forces de l’ONU -dit-il- ne sont intervenues que pour protéger la ville de Kiwanga. Le Conseil de sécurité a pris acte de ce développement qui marque peut-être un tournant dans la guerre des Kivus.
Les diplomates veulent maintenant pousser Kinshasa et les rebelles du M23 à retourner à Kampala pour négocier un accord. 
«Les gens veulent la paix, les gens veulent que la guerre finisse et c’est aussi maintenant je crois l’intérêt de tout le monde : communauté internationale et pays de la région, de mettre fin à ce groupe rebelle, a déclaré Martin Kobler au micro de RFI. C’est aussi notre tâche, notre mandat des Nations unies, de désarmer, d’aider, d’assister, de soutenir aussi le M23 s’il veut désarmer… de trouver avec eux une solution politique… Nous étions très préoccupés par la situation militaire : il faut rentrer à la table des négociations

→ à (re)lire : Russell Feingold: «Un effort militaire plus poussé en RDC risque de mettre en péril les pourparlers de Kampala»
L’ambassadeur rwandais de son côté ne partageait pas cet optimisme sur une reprise des négociations. Eugène-Richard Gasana a de nouveau protesté contre des tirs sur le territoire rwandais. Il dénonce également ce qu’il qualifie de «collusion» entre l’armée congolaise et le mouvement des FDLR. Le chef de la Monusco a répondu que les troupes de l’ONU sont déterminées à neutraliser tous les groupes armés, y compris les FDLR.


Sécuriser la zone
Sur le terrain, se pose la difficile question de la sécurisation des villes qui sont désormais passées sous le contrôle de l’armée régulière. A Kiwanja, Siméon 25 ans se réjouit de l’arrivée des autorités congolaises dans sa ville : 
« Je peux féliciter ce que notre armée loyaliste vient de faire. On vient de nous libérer. Nous venons de sortir d’au moins treize mois de souffrance avec les rebelles du M23. Ils nous ont torturés, on fait des violences contre nos mamans, nos sœurs. Ils nous ont pillés. Il avait instauré un couvre-feu à partir de 18h. On ne savait plus comment faire. Nous avons maintenant de l’espoir, car nous venons de voir une unité des FARDC, ici, chez nous. Et on veut repousser les rebelles jusqu’à au moins 20 kilomètres de notre cité ».

Vingt-quatre heures après la prise de Kiwanja et Rutshuru-centre par les forces armées congolaises, tout reste à faire pour s’assurer que la sécurité soit maintenue dans ces deux villes qui ont vécu plus des mois durant sous le contrôle de la rébellion du M23. Il va surtout falloir éviter les représailles comme le craint le général Jean Bayo, commandant-adjoint de la force de la Monusco :  
« Nous allons coordonner nos actions avec les FARDC, de manière à avoir une présence qui va sécuriser les populations, les rassurer, éviter aussi toute possibilité d’exactions qui pourraient être commises, soit par des malfaiteurs, soit par de gens qui voudraient s’en prendre à ceux qui ont été vus comme étant en soutien du M23. En fait, les populations, en particulier de Kiwanja, nous disent qu’ils ont beaucoup souffert. Il y a eu des morts, il y a eu aussi des vols ou d’autres violations des droits humains qui ont été commises. Et il y a toujours eu un risque, on va dire, que les populations qui ont souffert s’en prennent à des gens qui sont vus comme étant des soutiens de ceux qui ont occupé un certain temps cette ville ».

Contexte particulier pour le Sud-Africain Jacob Zuma en visite en RDC
C'est dans ce contexte que le président sud-africain Jacob Zuma arrive en République démocratique du Congo ce mardi pour une visite officielle de deux jours. Plus d’un millier de soldats sud-africains participent à la nouvelle brigade d’intervention de l’ONU déployée dans la zone des combats. Une visite pour renforcer les liens entre les deux pays.

L’Afrique du Sud joue depuis plus de dix ans un rôle considérable dans la consolidation de la paix dans l’est du Congo. C’est sous l’égide des Sud-Africains, qu’ont été signés les accords de Sun City en 2003, mettant fin à un conflit surnommé la Première guerre mondiale africaine. Depuis Pretoria, finance, aide, déploie des troupes.
Lors des élections de 2011, les troupes sud-africaines ont transporté plus de 1 800 tonnes de bulletin de vote. Aujourd’hui, Pretoria a près de 1 500 hommes au sein de la nouvelle brigade d’intervention rapide de l’ONU. Et elle a promis d’envoyer trois hélicoptères de combat pour soutenir cette brigade déployée à l’Est.

Cette visite d’Etat devrait donc servir a réaffirmer l’engagement de l’Afrique du Sud auprès du gouvernement Congolais. Mais également à consolider les liens économiques entre les deux pays. Pretoria s’est déjà engagé à acheter à la RDC plus de la moitié de la production d’électricité du futur barrage Inga III. Une fois achevé, Inga III devrait générer deux fois plus d’électricité que le barrage des Trois-Gorges en Chine.

Avec une inflation à 3%, un taux de croissance à plus de 8% et qui devrait atteindre 10% l’année prochaine, et un sous sol riche en minerais, la RDC est un partenaire économique idéal à condition de contenir l’instabilité dans l’Est.

VOICI L'HOMME QUI SOUTIENT LA BALKANISATION DE LA RDC

Russell Feingold: «Un effort militaire plus poussé en RDC risque de mettre en péril les pourparlers de Kampala»

Russell Feingold, envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs.
Russell Feingold, envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs.
Wikipedia

Par Christophe Boisbouvier
« Le président Kabila a remporté plusieurs succès militaires ces derniers jours, mais je l'encourage à faire preuve de retenue », déclare sur RFI l'envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs. Cette région, Russell Feingold la connaît bien. Pendant ses dix-huit années au Sénat, il a siégé à la sous-commission Afrique de la Chambre haute. Depuis le mois de juillet, cet homme de confiance de Barack Obama multiplie les tête-à-tête avec le Congolais Joseph Kabila et le Rwandais Paul Kagame. De passage à Paris, l'envoyé spécial de Washington répond sans tabou aux questions de RFI et aborde tous les problèmes, y compris celui de la démocratie à Kinshasa.

RFI: Dans l’est du Congo, depuis vendredi, la guerre a repris à l’avantage des forces armées congolaises (FARDC). Pour résoudre le problème des rebelles du M23, la solution militaire ne serait-elle pas finalement la meilleure ?
Russell Feingold: Non, ce n'est pas ma lecture des choses. La solution militaire ne répond pas aux problèmes posés par le M23 et par les quarante ou quarante-cinq autres groupes de la région. Ce qu’il nous faut, c’est un accord de paix négocié avec le M23. Le processus est en cours, dans le cadre des négociations de Kampala, il faut que ces pourparlers aboutissent bientôt, car cela pourrait mettre un terme aux affrontements, mais il faut y parvenir sans accorder d’amnistie à ceux qui ont commis des crimes graves. Donc selon moi, un effort militaire plus poussé risque de mettre en péril les pourparlers de Kampala, et par là même la possibilité de voir le M23 rendre les armes. Cela risque aussi de mettre en péril les initiatives pour la paix que soutiennent la communauté internationale et l’Union africaine. Donc oui, nous avons vu que les militaires congolais avaient remporté plusieurs succès ces derniers jours, mais nous pensons néanmoins qu’à l’heure actuelle, la retenue permettra de mieux servir le Congo et les peuples de la région.
Il y a quelques jours, vous avez rencontré le président Kabila à Kinshasa. Ne craignez-vous pas que, grisé par ses victoires, il tente de régler le problème par une grande offensive militaire ?
Je l’ai rencontré avant les derniers combats, et il n’a pas nié qu’il allait peut-être décider de la nécessité d’une initiative militaire, mais il ne m’a pas donné l’impression d’un homme qui n’était motivé que par la solution militaire. A Kampala, il a donné le feu vert à ses négociateurs pour décrocher un accord. J’ai pu voir les négociateurs congolais à l’œuvre durant cinq jours, et j’ai l’impression que le gouvernement congolais souhaite que le processus aboutisse, parce que l’option militaire n’est pas l’option qu’il préfère. Donc nous encourageons la RDC à faire montre de retenue dans la mesure du possible.
Tout récemment, vous avez aussi rencontré à Kigali le président Kagame. Si le M23 subit défaite sur défaite, ne craignez vous pas que l’armée rwandaise intervienne directement, sur le terrain, auprès du M23 ?
Ce serait une évolution très malheureuse. Le gouvernement rwandais et le président Kagame disent que le M23 n’est pas leur mouvement. Nous leur avons fait part de notre préoccupation. Nous leur avons dit que nous pensons que le M23 bénéficie de soutiens. Ils disent qu’ils sont en faveur du démantèlement du M23, c’est exactement ce que le président Kagame a dit à notre groupe d'envoyés spéciaux, et il me l’a aussi dit personnellement. Parce que c’est ce que prévoit l’accord cadre, et le Rwanda a signé cet accord cadre. En fait, lorsque les cinq envoyés spéciaux ont rencontré Paul Kagame il y a quelques jours, celui-ci a fait une déclaration forte dans laquelle il a demandé que l’accord soit finalisé le soir même. Ce n’est pas ce qui s’est produit, mais il ne fait aucun doute que l’accord réclame le démantèlement du M23, et non une implication dans une guerre qui vise à soutenir le M23. Et bien sûr nous n’encourageons pas cette dernière option qui, de plus, serait en contradiction avec les engagements du gouvernement rwandais.
Depuis un an, vous infligez des sanctions au Rwanda à cause de son aide aux rebelles du M23. Ces sanctions ont-elles un effet sur le terrain ? Le Rwanda a-t-il pris ses distances avec le M23 ?
Tout d’abord, les sanctions à ma connaissance visent surtout le M23, même si récemment les législateurs américains ont décidé de sanctions pour punir ceux qui encouragent le recrutement d’enfants soldats par le M23. C’est une affaire grave et par conséquent nous avons décidé de retirer une partie de notre aide militaire en raison des preuves dont nous disposons. J’ignore quel a été l’impact de ces sanctions. Mais je sais que les Etats-Unis n’ont pas d’autre choix que signifier que ce genre de pratique s’est bien produit. Je sais que le gouvernement a à cœur d’éviter le recrutement d’enfants soldats, nous nous sentons suffisamment à l’aise pour rappeler que ces pratiques ne peuvent pas être tolérées, même de façon indirecte. Avec le Rwanda, notre objectif est d’avoir une relation positive et continue. C’est un pays ami des Etats-Unis, nous sommes admiratifs devant les progrès enregistrés par ce pays, d’autant plus qu’il a dû traverser une énorme tragédie, il y a vingt ans à peine. Nos préoccupations quant au soutien vis-à-vis du M23 nuisent à une relation qui est par ailleurs excellente. Donc nous aimerions beaucoup travailler avec le Rwanda pour permettre aux pourparlers de Kampala d’aboutir, pour voir le M23 démantelé, et pour avoir une relation dans laquelle on n’aurait pas besoin de parler de sanctions ou de choses de ce type.
Le président Kagame affirme que la guerre ne cessera pas tant que les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) continueront de sévir dans la région avec le soutien, dit-il, des FARDC. Le président tanzanien Jakaya Kikwete propose une grande table ronde avec tout le monde, y compris les FDLR. Mais le Rwanda n’en veut absolument pas. Il dit qu’il ne peut pas discuter avec les forces du mal. Qu’en pensez-vous ?
Je comprends pourquoi le président Kagame est réticent à s’engager dans ce type de négociations, et je ne crois pas que des pourparlers entre une nation souveraine et un groupe armé, comme s’ils étaient deux parties égales, soit le meilleur moyen de résoudre ce type de problème. Les Etats-nations impliqués doivent être ceux qui prennent part aux négociations, ils doivent être à la même table, c'est-à-dire le Congo, le Rwanda et les autres pays qui sont affectés. Et au cours de ce processus, alors oui, la question des FDLR et les questions qui subsistent quant au M23 doivent être abordées, mais cela ne veut pas dire que ces groupes doivent avoir un siège à la table. Ce sont des groupes armés illégaux. Chacune de ces nations a signé un accord-cadre qui stipule que ces groupes ne doivent pas être tolérés, donc je pense qu’il y a une meilleure approche que celle qui consiste à organiser toute une série de négociations entre une nation souveraine et un groupe rebelle qui est considéré comme hostile.
Aux discussions de Kampala, le gouvernement congolais menace les chefs rebelles du M23 de poursuites judiciaires. Mais quand on négocie avec des gens en leur disant : « Dès que vous aurez signé un accord, j’essaierai de vous faire mettre en prison », est-ce qu’on ne torpille pas ces négociations ?
Le Congo a le droit de demander des comptes aux auteurs de crimes graves, et à ceux qui les ont ordonnés. On ne peut pas s’attendre à ce qu’il renonce à ce droit au motif qu’il a accepté d’entrer dans des négociations, ce n’est pas approprié. Il y a une différence avec l’amnistie accordée à ceux qui se sont rebellés, le gouvernement du Congo y est disposé, il a étudié la question d’une façon raisonnable. Mais le Congo, la communauté internationale, et très franchement les Etats-Unis ne peuvent pas soutenir un accord qui prévoit l’amnistie pour les auteurs de crimes graves. Il s’agit de ne pas répéter les erreurs du passé, et c’est ce que les Congolais disent à Kinshasa et dans le reste du pays. Accorder l’amnistie de façon répétée aux mêmes gens qui ont commis des crimes graves n’a aucun sens ! Il nous faut prendre un virage et arriver à un accord de paix raisonnable, qui garantisse la sécurité aux membres du M23 qui ont été démobilisés et désarmés, mais qui ne prévoit pas d’amnistie pour les auteurs de crimes graves.
Au Congo et au Rwanda, l’un des problèmes n’est-il pas l’absence de véritable démocratie et de respect des droits de l’homme ? Que pensez-vous de la détention de Victoire Ingabire dans une prison de Kigali et de celle de Diomi Ndongala dans une prison de Kinshasa ?
Je crois que les mécanismes démocratiques qui obligent à rendre des comptes renforcent ces pays en interne et permettent aussi à ces pays d’avoir de meilleures relations avec leurs voisins, parce que les populations peuvent manifester leur désir de paix. L’un des aspects les plus importants de mon rôle et de celui de Mary Robinson et des autres envoyés spéciaux est d’encourager le processus de réforme au Congo. Nous encourageons de façon pressante la tenue d’élections locales et provinciales au cours des deux prochaines années, nous souhaitons que la Ceni, l’agence qui est en charge de ces élections, reçoive un soutien financier transparent, nous avons hâte qu’une élection présidentielle plus crédible soit organisée en RDC en 2016, contrairement à ce que nous avons vu en 2011, alors que l’élection de 2006 s’était relativement bien passée. Et de la même manière, au Rwanda, d’autres pratiques démocratiques, qui accordent plus de place à l’expression de l’opposition et qui exigent du gouvernement qu’il rende des comptes, doivent aussi être encouragées.
Avez-vous soulevé le cas de Victoire Ingabire auprès du président Kagame et celui de Diomi Ndongala auprès du président Kabila ?
Personnellement, non. La plupart de ces sujets sont évoqués de façon bilatérale par nos ambassadeurs. Mon rôle est de traiter des cas qui relèvent des Grand Lacs, donc dans ces deux pays ce sont nos deux ambassadeurs qui traitent ce genre de choses.

lundi 21 octobre 2013

Jacques Bigirimana akabidhiwa usukani wa kukiongoza chama kikuu cha Upinzani nchini Burundi cha FNL huku Agathon Rwasa akipinga uteuzi huo

Jacques Bigirimana kiongozi mpya wa chama cha FNL tawi linalo tambulika na serikali
Jacques Bigirimana kiongozi mpya wa chama cha FNL tawi linalo tambulika na serikali

Na Ali Bilali
Chama cha uasi zamani nchini Burundi cha FNL, kimefanya mageuzi kwenye uongozi wake na kumchaguwa katibu wake mkuu Jacques Bigirimana kuwa mwenyekiti wa chama hicho katika uchaguzi uliofanyika Jumapili Octoba 20 jijini Bujumbura. Uchaguzi huo umetupiliwa mbali na kinara wa zamani wa chama hicho Agathon Rwasa anaye amini na wengi kuwa ndiye kiongozi mwenye ushawishi mkubwa wa FNL.

Jacques Bigirimana amechaguliwa kwa asilimia zaidi ya sabini dhidi ya mtangulizi wake Emmanuel Miburo ambaye amepata chini ya asilimia ishirini ya kura.

Kulingana na sheria za taifa hilo Jacques Birimana ndiye kiongozi mkuu wa upinzani baada ya kuchaguliwa na wafuasi wa chama hicho.
Mwenyekiti huyo mpya ameviambia vyombo vya habari muda mfupi baada ya uteuzi wake kwamba chama chake hakitakuwa na upinzani wenye msimamo mkali kwani haifaikuw ana msimamo mkali na kwamba wataendesha chama hicho kwa kuwajibika na kumsikiliza kila mtu na kujaribu kuuwanisha pande zote.
Hata hivyo kulikuwepo na jambo lisiloeleweka baina ya wafuasi hao kwani wengi walisikika wakiimba nyimbo za kumsifu Agathon Rwasa kiongozi wa Kihistoria wa chama hicho na ambaye wengi wanaamini kwamba bado anaushawishi mkubwa na kwamba ndiye kiongozi halali wa chama hicho.
Alipoulizwa na waandishi wa habari kuhusu kiongozi huyo, Jacques Bigirimana alionekana kubadilika na kuwa na ghadhabu na kuhoji kwanini wamemuuliza swali hilo, na huenda labda wametumwa na kiongozi huyo.

Akizungumza kuhusu uteuzi huo wa Jacque Bigirimana kwenye uongozi wa chama hicho Agathon Rwasa ambaye bado anaumaarufu mkubwa katika chama hicho licha ya kuonekana kutengwa, amesema huo ni upinzani vibaraka wa serikali na kwamba hakuna kuwajibika kokote mbali na kuendelea kuunga mkono jitihada za kuubana upinzani wa ukweli.

Hata hivyo Uwala wa Bujumbura naendelea kumyima nafasi Agathon Rwasa ya kufanya shughuli yoyote ile kwa niaba ya chama FNL ukidai kwamba hana uhali wa kutumia chama hicho

Kwa mara nyingine mazungumzo ya amani yaliyokuwa yafanyike baina ya DRC na Waasi wa M23 yameahirishwa

Baadhi ya wapiganaji waasi wa kundi la M23 ambao wamekuwa wakisababisha machafuko mashariki mwa nchi ya Jamuhuri ya Demokrasia ya Congo
Baadhi ya wapiganaji waasi wa kundi la M23 ambao wamekuwa wakisababisha machafuko mashariki mwa nchi ya Jamuhuri ya Demokrasia ya Congo
RFI

Na Martha Saranga Amini
Mazungumzo ya amani kati ya serikali ya jamuhuri ya demokrasia ya Congo,na kundi la waasi wa M23 yameahirishwa kwa mara nyingine jumatatu pamoja na kwamba Umoja wa Mataifa UN ulishinikiza hatua hiyo ili kufanikisha amani ya mashariki mwa nchini hiyo.

Pande zote mbili zilitangaza kusitisha mazungumzo hayo ya amani yaliyokuwa yakiendelea mjini Kampala nchini Uganda muda mfupi baada ya mjumbe wa Umoja wa mataifa kuonya juu ya hatari itakayotokea ikiwa mpango wa makubaliano hautafikiwa mara moja kukomesha mapigano katika eneo la mashariki mwa nchi hiyo.
Msemaji wa serikali ya Congo DR Lambert Mende alibainisha kuwa mazungumzo yaliahirishwa baada ya kutokuwa na makubaliano juu ya kiwango cha msamaha kwa waasi wa m23 na ushirikishwaji katika jeshi la Congo FARDC.

Mjumbe wa waasi wa M23 Roger Lumbala amesema kuna kikwazo huku akisisitiza kuwa waasi wapo radhi kurejelea mazungumzo wakati wowote.
Serikali mapema ilitoa onyo kwamba mazungumzo ambayo yaliendelea mwezi septemba kwa shinikizo la wakuu wa Umoja wa Mataifa ya Afrika yalielekea kushindwa.

Wajumbe maalum wa Umoja wa Mataifa alitoa UN wamearifu mapema jumatatu kuhusu kukosekana kwa mpango wa msingi wenye lengo la kukomesha mapigano yanayosababishwa na kundi hili la waasi wa m23 ambao wamesababisha hali ya sintofahamu katika nchi hiyo yenye utajiri wa madini.

Une liste de responsables du M23 exclus de l’intégration politique circule à Kampala

octobre 8, 2013, | Denière mise à jour le 8 octobre, 2013 à 12:08 | sous Actualité, National, Politique. Mots clés:

Le pasteur Jean-Marie Runiga, chf politique du M23. AFP PHOTO / Junior D.KannahLe pasteur Jean-Marie Runiga, chf politique du M23. AFP PHOTO / Junior D.Kannah
Une liste comprenant les noms des chefs politiques du Mouvement du 23 mars (M23) exclus de toute intégration dans les institutions de la RDC circulerait à Kampala où se déroulent les négociations entre la rébellion et le gouvernement congolais. 

Même si du côté du gouvernement ou des rebelles les langues ne se délient pas sur cette nouvelle liste, des sources crédibles affirment que Kinshasa ne voudrait pas réintégrer des personnes qui ont « fait carrière » dans plusieurs rébellions qui ont secoué le pays ces dernières années.

Les responsables politiques rebelles indexés sont issus autant de la branche du M23 de Sultani Makenga que de celle défaite de Jean-Marie Runiga aujourd’hui en exil au Rwanda. Bertrand Bisimwa, actuel président du M23 et son prédécesseur Jean-Marie Runiga figurent sur cette liste.

François Ruchogoza, ancien ministre provincial de la Justice du Nord-Kivu et ancien chef de la délégation du M23 à Kampala ; Mashagiro Nzey, député exclu de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu et Roger Lumbala, député national déchu sont également cités.

Par contre René Abandi, actuel chef de la délégation du M23 à Kampala ; Kambasu Ngeve, négociateur principal du M23 et Sendugu Museveni, chargé de la politique intérieur de la rébellion ne font pas partie de personnalités frappées par cette exclusion.
La publication de cette liste intervient alors qu’une première concernant soixante-dix-huit commandants du M23 exclus de l’intégration dans les Forces armées de la RDC, bloque la poursuite des négociations de Kampala.

Des sources dans la capitale ougandaise indiquent que le facilitateur ougandais aurait réduit cette première liste à quarante-trois. Une réduction qui n’enchanterait pas la délégation gouvernementale.
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Les élus du Nord-Kivu alertent le gouvernement sur une « attaque imminente » du Rwanda

octobre 17, 2013, | Denière mise à jour le 17 octobre, 2013 à 8:56 | sous Actualité, La Une, Nord Kivu, Sécurité. Mots clés: , ,

Des soldats congolais au Nord-Kivu le long de la frontière avec le Rwanda. © MONUSCO/Sylvain Liechti
Des soldats congolais au Nord-Kivu le long de la frontière avec le Rwanda. © MONUSCO/Sylvain Liechti

Le Caucus des députés nationaux du Nord-Kivu demande au gouvernement congolais de prendre au sérieux la menace « d’une attaque imminente » du Rwanda contre la RDC. 

Dans une déclaration rendue publique mercredi 16 octobre à Kinshasa, ces députés invitent le gouvernement à récupérer la zone occupée par les rebelles du M23 dans la province du Nord-Kivu.

Ces dernières semaines, des responsables de la société civile du Nord-Kivu ont fait état d’un renforcement des positions du M23. Ces rebelles auraient reçu les renforts des militaires rwandais et ougandais.

Dans un mémo adressé au chef de l’État congolais et au président de l’Assemblée nationale, les députés du Nord-Kivu ont demandé à ces deux autorités de déclarer l’état de siège dans les territoires de Rusthuru, Masisi et Nyiragongo.

« Au gouvernement de la République nous exigeons à ce qu’il prenne au sérieux la menace d’une attaque imminente par le Rwanda contre la RDC. Par conséquent, il faut que le gouvernement puisse prévoir des moyens effectifs pour poursuivre l’offensive militaire et diplomatique en vue de récupérer la zone occupée par les supplétifs du Rwanda,  le M23 », indiquent-ils dans leur déclaration.

Ils appellent par ailleurs la Monusco à activer sa brigade d’intervention et la communauté internationale à condamner fermement les actions du gouvernement rwandais.

Dans ce document, les élus réclament également que la commission tripartite RDC-Rwanda-HCR identifie les populations venues du Rwanda et installées à Jomba dans le territoire de Rutshuru au début du mois d’octobre.

Ces familles estimées à environ deux cents sont présentées par le M23 qui occupe cette zone comme des réfugiés congolais de retour dans leur pays.

Les députés du Nord-Kivu exigent également la fin des pourparlers entre les rebelles du M23 et le gouvernement congolais à Kampala. Selon eux, ces discussions sont une « distraction » et une « dépense supplémentaire » pour notre gouvernement.
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