lundi 3 juin 2013

Le combat de l'Afrique pour se réapproprier ses ressources naturelles

 
(Le Monde 31/05/2013 - 13:41)
Marrakech (Maroc), envoyée spéciale. Minerais, pétrole, gaz, terres arables... les ressources naturelles dont l'Afrique dispose en quantités encore largement inexploitées peuvent-elles enfin devenir le levier de développement du continent ? Une décennie de croissance sans précédent, portée par ce que des économistes ont baptisé "supercycle" des matières premières et des découvertes d'hydrocarbures, a ouvert de nouveaux horizons à plusieurs pays dont le revenu par habitant figure parmi les plus faibles du monde, comme le Mozambique ou la Tanzanie. Lire l'article sur

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/31/le-combat-de-l-afrique-...

Renaissance de l'Afrique : Quid du gouvernement local ?

 
(Contrepoints 31/05/2013 - 11:14)
Il est temps de sérieusement réfléchir au rôle du gouvernement local dans la renaissance de l'Afrique. Les discussions sur la renaissance de l'Afrique ont rejoint récemment le devant de la scène, en particulier de la part de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Alors que cette renaissance se produit, les pays d'Europe sont encore aux prises avec les effets de la crise économique mondiale.
En 2012, le FMI a révisé à la baisse ses prévisions pour la croissance mondiale en 2013 de 4,1% à 3,9%. Selon la mise à jour des Perspectives de l'économie mondiale du FMI, un rapport publié deux fois par an, « les risques baissiers continuent de peser, reflétant de manière importante les risques d’une action politique retardée ou insuffisante. »
L’échelon local de gouvernance en Afrique a un grand rôle à jouer dans la renaissance du continent, mais n'est pas encore administrativement et financièrement autonome. Les décisions qui pourraient être prises par les autorités comme les maires sont toujours prises par les États centraux.
L’échelon local de gouvernance en Afrique a pourtant une influence significative sur la qualité de vie des citoyens, d'autant qu'il est responsable de la fourniture de services essentiels comme l'assainissement, la santé et l'eau. Les « gouvernements locaux » en Afrique ont échoué dans la prestation de services dans le sillage de la crise mondiale essentiellement parce que, même s’ils détiennent sans doute le plus grand potentiel en termes d’efficacité, ils sont les plus éloignés de l'autorité centrale et de la communauté des bailleurs de fonds. La plupart des gouvernements locaux en Afrique, comme ceux du Cameroun, du Gabon, de la République centrafricaine et du Tchad doivent toujours devenir administrativement et financièrement autonomes. Il y a également peu ou pas de relations entre le gouvernement local et d'autres sphères de l'État dans ces pays. Les transferts financiers de l’État central vers les collectivités locales sont généralement retardés.
De nombreux États centraux en Afrique ont réduit les ressources matérielles et les transferts budgétaires aux collectivités locales. Diminuer les transferts des collectivités locales dans le cas d'un déficit budgétaire signifie la réduction de services essentiels comme les soins de santé et l'approvisionnement en eau. Au Swaziland, par exemple, l'approvisionnement en médicaments rétroviraux aux collectivités locales par l’État central a été réduit en conséquence de la crise financière mondiale, et ce d’autant que les donateurs ont réduit l'aide qu'ils accordaient à ce pays pour la lutte contre la pandémie du sida.
Il est temps de sérieusement réfléchir au rôle du gouvernement local dans la renaissance de l'Afrique. Un de ces moyens est le jumelage entre municipalités d’Afrique, et même entre elles et d'autres villes dans le monde. Ce, afin de renforcer la participation des collectivités locales aux questions traditionnellement réservées à l’État central, comme le commerce et les investissements internationaux. Cela entraînerait certainement la baisse des nombreuses barrières à l’échange qui existent entre pays africains.
En outre, il est important que les pouvoirs administratifs et financiers des collectivités locales en Afrique soient constitutionnalisés. De cette façon, les collectivités locales seront en mesure de prendre des décisions efficaces pour la population locale dans des domaines essentiels.
L’autonomie des collectivités locales ne signifie pas qu'il ne devrait y avoir aucune supervision de cette sphère de gouvernance, surtout par le gouvernement régional. Cet échelon local de gouvernance doit être surveillé, sans aucun abus de pouvoir.
Il est également nécessaire que les cadres du personnel municipal en particulier, comme les maires et les responsables municipaux soient bien formés et éduqués. L’État central, les gouvernements régionaux ainsi que d'autres partenaires tels que les universités, doivent unir leurs efforts pour former les fonctionnaires et les cadres municipaux.
Il est également nécessaire d’établir des relations intergouvernementales entre toutes les sphères de gouvernement dans les États africains. Si les différentes sphères de gouvernement au sein des États africains coopèrent, la renaissance du continent peut être réalisée rapidement, surtout que des idées sur la budgétisation, les prestations de services, ainsi que l’échange international peuvent être partagées largement.
La corruption est évidemment un problème : c’est un ver qui ronge le tissu économique du gouvernement local en Afrique. Il existe des mesures anti-corruption, notamment de nombreuses et longues législation sur le continent, mais le problème de la mise en œuvre effective reste le plus grand problème.

La renaissance de l'Afrique nécessite vraiment des efforts communs des différents niveaux de gouvernance, y compris le niveau local, ainsi qu’un sérieux coup de pouce des marchés libres en Afrique et en Europe. Une action coordonnée avec les collectivités locales autonomes en Afrique ayant un rôle bien défini constitutionnellement peut accélérer la renaissance de l'Afrique.

L’Afrique prend son destin en main (Par Winnie Byanyima)

 
(Rewmi 31/05/2013 - 15:51)
Plusieurs pays africains comptent actuellement parmi les économies les plus dynamiques au monde, avec une croissance alimentée, dans plusieurs cas, par les nouvelles découvertes de réserves de pétrole, de gaz naturel et de minerais stratégiques. Sur le continent, l’extrême pauvreté est en recul et la progression vers les objectifs du Millénaire pour le développement s’est accélérée. Plusieurs pays africains très pauvres, dont le Malawi, la Sierra Leone et l’Éthiopie, ont dernièrement considérablement réduit les inégalités de revenus.

Pourtant, des millions d’Africaines et d’Africains ne bénéficient pas de la croissance impressionnante que connaît le continent. Un tiers des personnes les plus pauvres de la planète vivent en Afrique subsaharienne, laquelle compte six des dix pays les plus inégalitaires au monde. Là où les inégalités de revenus sont importantes, les bienfaits de la croissance économique demeurent inaccessibles aux couches pauvres de la population. La pauvreté et l’exclusion nuisent à la stabilité sociale, entravant la productivité des investissements et jusqu’à la croissance même.

Le potentiel du continent est en outre affaibli par l’hémorragie de capitaux – souvent due à la fraude fiscale et la manipulation des prix de transfert par les sociétés pétrolières, gazières et minières, et ce avec la complicité de fonctionnaires corrompus. En 2010, les exportations africaines de pétrole, de gaz et de minerais s’élevaient à 333 milliards de dollars. Mais selon les estimations, l’Afrique perdrait jusqu’à 200 milliards de dollars par an dans le cadre de flux illicites de capitaux. En comparaison, l’aide au développement reçue paraît dérisoire.

Les inégalités de revenus et les flux illicites de capitaux dépouillent l’Afrique de ses richesses et de précieux moyens d’investir dans l’éducation, l’agriculture et la santé – des secteurs essentiels à une population productive.
Ce mois-ci les dirigeants d’entreprises et les responsables politiques africains se sont réunis au Cap en Afrique du Sud à l’occasion du Forum économique mondial sur l’Afrique. Voici le message que je leur ai adressé : pour que l’Afrique puisse réaliser tout son potentiel, vous devez soutenir les millions de laissés-pour-compte de la croissance économique. Sinon, le progrès social et économique restera au ralenti sur le continent.

Le mois dernier, l’Union européenne est parvenue à un accord sur une réglementation qui imposera aux sociétés pétrolières, gazières, minières et forestières de déclarer les sommes versées aux autorités publiques des pays dans lesquels elles opèrent. Cet accord vient renforcer une législation récemment promulguée aux États-Unis dans le cadre de la loi de réforme financière Dodd-Frank, et je m’en réjouis. La transparence est un excellent désinfectant ; elle va pousser les gouvernements à rendre compte de la façon dont ils dépensent les fonds qu’ils reçoivent à titre de droits d’exploitation et de royalties.

Quelques États africains prennent des mesures pour gérer leur patrimoine naturel de façon responsable. Au Ghana, la loi sur la gestion des recettes pétrolières nationales rend obligatoire la déclaration trimestrielle des paiements et des volumes de production, tandis qu’au Liberia, l’initiative volontaire pour la transparence dans les industries extractives (EITI) a désormais force obligatoire.
Mais l’Afrique ne pourra pas s’en sortir seule. Moteur de l’économie africaine, le secteur privé détient, s’il se comporte de manière responsable, la clé d’un développement économique équitable et durable. Les politiques et les pratiques des entreprises doivent respecter les droits des populations des pays où elles opèrent. Les sociétés doivent informer et consulter les communautés locales touchées par les projets d’extraction et leur accorder la possibilité d’approuver ou de rejeter un projet avant le début des opérations.

Pour leur part, les partenaires du développement de l’Afrique peuvent apporter une aide qui favorisera la bonne gouvernance et donnera à la société civile les moyens de rappeler les dirigeants à leur obligation de rendre des comptes.
Nous assistons à une ruée sur les ressources naturelles de l’Afrique, qui n’est pas sans rappeler l’époque de la révolution industrielle en Europe. Il est urgent et impératif que, dans chaque pays, des politiques se mettent en place pour protéger les droits et les intérêts des Africaines et Africains, et plus particulièrement celles et ceux qui vivent dans la pauvreté.


Si l’on veut maintenir des taux de croissance élevés, la priorité doit aller à l’établissement de politiques inclusives qui garantissent le caractère durable et équitable de la croissance. Il faut injecter une part autrement plus importante des recettes générées par le boom des ressources naturelles directement dans l’éducation, la santé et la nutrition, ainsi que l’amélioration du potentiel productif des plus démunis. Sinon, on risque de saper les efforts visant à stimuler la croissance économique de manière durable.
Il est temps de changer la donne pour les populations pauvres d’Afrique, de leur accorder plus d’équité pour que les ressources de l’Afrique bénéficient à tous ses habitants.
Par Winnie Byanyima Directrice générale d’Oxfam International
Vendredi 31 Mai 2013
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Les huit plaies de l’Afrique : Cinquante ans d’errance


(AgoraVox 03/06/2013 - 13:55)
«Après l'époque du désespoir, voici venir la pire époque du chagrin», Malek Haddad, écrivain algérien de talent parlant de l’indépendance de l’Algérie.

L'Afrique a fêté cinquante ans d'indépendance et d'errance débutées avec l'assassinat de Patrice Lumumba et clôturée provisoirement avec le lynchage d'El Gueddafi. Colosse aux pieds d'argile, l'Afrique est le pays des paradoxes, c'est un continent démographiquement exubérant avec 1 milliard d'individus dont près de 600 millions n'ont pas accès à l'électricité.

Souvenons-nous qu'un Somalien consomme en énergie en une année ce que consomme un Américain en une semaine. Pourtant, l'Afrique regorge de richesses, mais comme l'écrit Sarkozy, « son drame est qu'elle n'est pas encore rentrée dans l'histoire ». Pas plus Hegel que Victor Hugo n'ont donné crédit au passé de l'Afrique. Au contraire, ils ont donné un socle à l'idéologie des races supérieures et au devoir de civilisation cher à Jules Ferry. Mieux, à la conférence de Berlin en 1885, la curée de l'Afrique a autorisé le roi des Belges à avoir un territoire pour lui, l'actuel Congo, des deux côtés du fleuve, qui se déchire ; les belligérants aidés par des puissances externes fascinées par les richesses. Nous allons, dans ce qui suit, lister les huit plaies purulentes.

La famine et le sida
Il n'est pas possible de lister tous les maux de l'Afrique, sinon d'en évoquer d'abord, les deux plus importants. La famine et le sida. Pour la famine, qui est toujours là à l'état endémique, ce sont des dizaines de milliers qui meurent chaque année de faim et qui subissent la malnutrition. Souvenons-nous qu'un plein de 4x4 de biocarburant à base de maïs détourné peut nourrir un Sahélien pendant un an, S'agissant du sida, pendant près de vingt ans écrit Claire Brisset, le sida a été considéré comme une maladie mortelle, sans échappatoire possible. (...) Mais ce panorama global masque des inégalités frappantes ; inégalités géographiques, puisqu'elles concernent plus particulièrement certains pays du continent noir, et générationnelles, puisqu'elles touchent plus lourdement les enfants de ces mêmes pays, malgré les progrès constatés ailleurs. C'est en Afrique francophone que la lutte contre le sida prend du retard. (...) Selon M.Sidibé, ce retard tient notamment à l'histoire de l'épidémie qui s'est répandue à la faveur des déplacements des travailleurs des mines d'Afrique australe. (..) La violence favorise également la diffusion du virus : troubles civils, guerres, violence envers les femmes... Il faut désormais, en effet, considérer la lutte contre le sida comme une composante des combats en faveur des droits humains, et non plus seulement comme un enjeu de santé publique. » (1)
Les richesses minières et l'accaparement des terres.
Nous avons traité dans une précédente contribution du grabbing des terres. On connaît déjà le pillage des matières premières du sol et du sous-sol de l'Afrique, notamment l'énergie et les métaux rares comme le coltran que l'on utilise dans les technologie de la communication (ordinateur, téléphones mobiles...). Ce coltran est revendu cent fois son prix par des intermédiaires sans loi ni foi à des multinationales occidentales très discrètes sur cette nouvelle traite autrement plus abjecte que la traite historique de ces mêmes civilisateurs en terre de conquête et d'évangélisation de ces peuplades barbares qui devaient obligatoirement être touchés par l'Evangile au nom de la « règle des trois C ». Christianisation, Commerce, Colonisation. (...) L'accaparement des terres agricoles en Afrique par des Etats étrangers et des multinationales a été plusieurs fois dénoncé, notamment en février 2011, à Dakar, à l'occasion du Forum social mondial, par l'ONG Actionaid.(2)
Cinquante ans après, l'Afrique tend toujours la main. C'est le continent de toutes les calamités, à la fois naturelles, mais surtout du fait de l'homme. Paradoxalement, on n'arrête pas d'annoncer la richesse de ce pays dans une conjoncture de plus en plus marquée par la raréfaction des matières premières de toute sorte. Mais pas seulement, c'est aussi l'énergie et les anciennes puissances coloniales (Grande-Bretagne, France, et à un degré moindre, le Portugal) ne veulent surtout pas lâcher leur proie. De nouveaux pays et non des moindres s'intéressent, citons naturellement les Etats-Unis, qui s'imposent notamment en mettant un commandement - l'Africom - pour gérer l'Afrique à partir de bases à demeure, mais aussi la Chine qui a une stratégie de softpower, l'Inde et le Japon dont l'aide au développement avoisine les 2 milliards de dollars. Ceci étant dit, le niveau de cette aide au développement fixé à 0,7% du PIB par les pays développés, n'a jamais été atteint. De plus, chaque pays conditionne cette aide à un achat exclusif dans ce pays tout en amalgamant différentes aumônes sous ce vocable.

On apprend dans ce cadre que le Japon sollicite « le bras armé » de la France pour ouvrir des marchés en Afrique : « (...) La France apportera dans ce domaine son expertise et ses moyens en matière de lutte contre le terrorisme. La récente prise d'otages d'In Amenas, dans laquelle ont péri des ressortissants japonais, est en effet, venue rappeler aux entreprises nippones les raisons de leurs réticences à s'implanter sur le continent. « La France et le Japon ont des intérêts communs en Afrique : que le continent soit stable et devienne un partenaire économique fiable, doté d'une bonne gouvernance, analyse (...). Les Français ont des connaissances de terrain et sont bien intégrés dans les sociétés africaines dans certains pays francophones. La France est une puissance dominante dans cette région, elle a des troupes sur place et des bases militaires. Le Japon, en revanche, a peu d'informations sur les groupes comme Aqmi [Al Qaîda au Maghreb islamique]. » (3)

Le refus de l'alternance et les régimes dynastiques
Avec sa lucidité particulière, Aimé Césaire a été l'un des premiers, sinon le premier à parler de l'Afrique postindépendance. Il écrivait notamment : « La lutte pour l'indépendance c'est l'épopée, l'indépendance acquise c'est la tragédie. » « Le grand succès des ennemis de l'Afrique, écrivait pour sa part, Frantz Fanon, c'est d'avoir corrompu les Africains eux-mêmes. » L'alternance se fait en Afrique, soit par l'émeute, soit par la maladie. Justement, l'un des grands malheurs de l'Afrique est dû aussi à des dirigeants qui perpétuent l'ordre colonial à leur profit, tout en prenant la sage précaution d'être adoubés par leurs anciens maîtres. La moyenne d'accaparement du pouvoir dépasse très souvent la dizaine d'années. Quand le potentat passe la main, c'est au profit de leur famille. C'est une nouvelle forme d'asservissement à distance où l'Africain travaille pour d'autres, mais est incapable de subvenir à ses besoins. Serait-ce une malédiction ?

Les ingérences occidentales continuelles
Qu'on se le dise ! Les pays occidentaux et même les nouveaux pays émergents n'ont aucun état d'âme à recoloniser, à distance, les anciens pays, ce qui compte est que le pillage soit permis et tous les slogans des droits de l'homme ne sont que de la poudre aux yeux.Hervé Amani sociologue, nous décrit les malheurs de l'Afrique du fait du néocolonialisme « Le grand dessein des intérêts impérialistes est de renforcer le colonialisme et le néocolonialisme et nous nous tromperons nous-mêmes de la façon la plus cruelle, si nous devons considérer que les actions des Occidentaux sont distinctes et sont sans rapport entre elles », avait prédit N'Krumah. (...) N'Krumah n'a pas été suivi par ses pairs. Pour le malheur des Africains, des chefs d'État dont l'idéologie était la longévité au pouvoir, ont prêché le nationalisme étriqué et ont suivi les démons de la division ». (4)

« En 2013, soit cinquante ans après le discours de N'Krumah, l'Union africaine est encore en gestation. » Hervé Amani déroule ensuite le catalogue macabre des violences subies par l'Afrique : « Olympio au Togo, Yaméogo en Haute Volta, Ahomadégbé au Benin, Hamani Diori au Niger, Modibo Kéïta (photo) au Mali... ont subi des coups d'État ; Sankara a été assassiné... Leur crime, après N'Krumah, avoir défendu l'intérêt de leur pays, la dignité de l'Afrique. Le colonel Kadhafi a été l'artisan acharné de la mise en oeuvre de l'Union africaine. Il avait engagé le financement de grands projets tels que préconisés par N'Krumah. Le Guide a été assassiné par les puissances occidentales sur le mobile fallacieux de génocide du peuple. Parmi les dirigeants de l'époque qui se sont opposés à l'esprit d'Unité africaine de N'Krumah, il y a le président Houphouët- Boigny de la Côte d'Ivoire. C'est un fait. Sa longévité est certainement le fruit d'un asservissement aux puissances coloniales. (...) » (4)

« Si nous nous réjouissons de ce qui est advenu de Kadhafi, de Gbagbo, de N'Krumah, nous nous trompons de façon cruelle. Le parachutage par la force militaire de valets ne sert que les intérêts de la puissance de tutelle et d'une ploutocratie. L'auteur conclut : « L'Afrique doit s'unir parce que notre évolution économique exige la fin de la domination colonialiste ; or chaque État sera impuissant face aux impérialistes. Répétons le : « ...Nous nous tromperons nous-mêmes de la façon la plus cruelle, si nous devons considérer que les actes des Occidentaux sont distincts et sont sans rapport entre elles », avait prédit N'Krumah »(4).

Dans cet ordre, deux forces d'action rapides mises en place par les Occidentaux ont pour but d'asseoir le statu quo. Au plus fort de la France-Afrique, le président français François Hollande invité à la zerda, a prévenu que « ce sont les Africains qui, demain, devront assurer la sécurité de leur continent », même si « la France sera toujours à leurs côtés ».(4)

La corruption : ce mal endémique érigée en science exacte
Toute société humaine connait la corruption. Cependant l'absence de justice et de sanction font que la corruption est, en Afrique, consubstantielle de la gestion de l'Etat, mais aussi à tous les échelons de l'auorité. Chacun essaie à son niveau de monnayer son pouvoir .

Entre 1980 et 2009, 1 350 milliards de dollars de flux financiers illicites en provenance d'Afrique ont étés transférés à l'étranger. Selon un rapport de la BAD, l'Afrique du Nord totalise 415,6 milliards de dollars de transferts illicites durant cette période, Ces sorties frauduleuses d'argent ont concerné, dans la région nord-africaine, en premier lieu l'Egypte, suivie en seconde position par l'Algérie et enfin la Libye. L'argent est le plus souvent transféré frauduleusement dans les paradis fiscaux, mais également dans de nombreux pays européens, aux Etats-Unis et dans d'autres régions du monde. « La fuite des ressources hors de l'Afrique au cours des trente dernières années, environ le PIB actuel de l'Afrique, freine le décollage du continent », selon Mthuli Ncube, économiste en chef et vice-président de la BAD. « L'idée reçue a toujours été que l'Occident injecte de l'argent en Afrique grâce à l'aide étrangère et aux autres flux de capitaux du secteur privé, sans recevoir grand-chose en retour. Notre rapport inverse le raisonnement : l'Afrique est en situation de créancier net par rapport au reste du monde depuis des décennies », déclare Raymond Baker, directeur du centre de recherche et de défense GFI, basé à Washington. ( ;..) (5)
A titre d’exemple, la corruption en Algérie est devenue un science exacte. Plus on vole moins on risque. On l’aura compris les lampistes trinquent mais les gros poissons à l’instar des scandales dues aux « commissions » versées par les entreprises opérant en Algère, achèvent de démoraliser les algériens pour qui la règle de deux poids deux mesures est plus que jamais d’actualité
Le manque de vision de l'avenir

Devant toutes ces avanies, que pense-t-on que l'Afrique fait ? Coordonne-t-elle en vue d'une sécurité alimentaire ? En vue d'une médecine de qualité ? Etudie-t-elle un développement endogène ? Demande-t-elle qu'on la laisse en paix en alimentant en armes des belligérants ou en soutenant des tyrans qui refusent l'alternance ? Rien de tout cela, elle décide de mettre en place une force d'action rapide !! avec les armes des occidentaux pour justement maintenir en place les tyrans adoubés et la phrase de Chirac prend toute sa signification quand il déclare : « Il faut soutenir les dictatures, sinon ils ne feraient pas d'élection » sous-entendu quel que soit le résultat, l'essentiel est qu'elles se tiennent.

Les rodomontades ont de beaux jours devant elles. L'Afrique « colosse avec un sabre nain » veut avoir sa force d'action rapide sur le modèle de la française. Souvenons-nous de la cacophonie des pays de l'Afrique de l'Ouest réunis au sein de la Cdao organisme docilisant pour le compte de la France les présidents d'opérette. « Les dirigeants africains réunis en sommet à Addis-Abeba ont décidé de créer une force de réaction rapide chargée d'intervenir dans les conflits sur le continent, déclare le président en exercice de l'Union africaine. » (6)

Le ridicule ne tue plus. Ce sont les damnés de la terre- conséquence d’une politique de fuite en avant, de l’obsession du pouvoir - qui meurent !
Les conflits à venir
C'est un fait durant ce cinquantenaire l'Afrique n'a jamais connu la paix du fait des interférences des anciennes puissances coloniales de la rareté des matières premières dont l'Afrique regorge et de l'apparition de nouveaux acteurs qui font à l'Afrique des propositions qu'elle ne peut pas refuser. Parmi ces conflits du futur, notamment dus à l’errance des changements climatiques pour lesquels l’Afrique n’a aucune parade et qui fait qu’après les réfugiés politiques conséquences des guerres perpétuelles, après les réfugiés économiques conséquence d’épidémies endémiques, nous aurons de plus en plus de réfugiés climatiques qui n’auront où aller sinon à continuer à mourir à petit feu.
De plus et comme conséquence aussi de la démographie, le tarissement des ressources hydriques dans certaines régions . La prochaine guerre de l'eau se profile à l’horizon comem le montre le conflit latent autour des eaux du Nil

« L'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie sont depuis 2010, signataires d'un nouveau traité du partage des eaux du Nil. Ce texte remet en cause un précédent traité qui datait de 1929, amendé en 1959 par l'Egypte et le Soudan. Ce premier traité de partage accordait la part du lion à l'Egypte et au Soudan, qui à eux seuls jouissaient d'environ 90% des eaux du Nil. (...) L'Ethiopie a lancé en avril 2011 le chantier de son Grand barrage du Millénaire. Il produirait plus de 5000 mégawatts, retiendrait près de 63 milliards de m3 d'eau et deviendrait le premier barrage d'Afrique. (...) » (7)
Aux dernières nouvelles, le ministère des Affaires étrangères égyptien a convoqué l'ambassadeur éthiopien alors qu'aucun accord n'a encore été trouvé entre l'Egypte, l'Ethiopie et le Soudan concernant la gestion des eaux du Nil. Les travaux ont commencé mardi 28 mai. Le barrage coûtera 3,2 mds. Sa construction nécessite d'assécher et de dévier le lit naturel du Nil Bleu. A plusieurs reprises déjà, Egypte et Ethiopie ont frôlé l'affrontement direct à cause de cette question cruciale pour les deux pays. (8)
La CPI est-elle raciste ? Les potentats africains sont inquiets : Ils craignent de finir leurs jours à La Haye La Cour pénale internationale (CPI) mène une « sorte de chasse raciale » en ne poursuivant que des Africains, a affirmé, le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn. Ces mêmes pays qui ont pour la plupart ratifié le traité de Rome pensent qu’il y a du racisme et que ce n’est pas leur gestion calamiteuse qui est en cause. Il est vrai que cette institution mise en place par les pays occidentaux pour imposer un ordre, leur ordre est de punir ceux qui ne rentrent pas dans le moule au nom des droits de l’Homme, dont il faudra bien un jour que l’on nous donne la définition universelle… Pour rappel d’ailleurs, les Etats-Unis n'ont toujours pas signé le traité de Rome créant la CPI du fait que la Constitution américaine interdit que les Américains soient jugés par d'autres pays

Quant à l'Algérie, elle joue au mécène, elle vient d'annuler pour 900 millions pour assumer pleinement son engagement en faveur de la promotion économique et sociale du continent. On l'aura compris, c'est un tonneau des Danaïdes avec en prime une ingratitude de ces pays qui fait qu'il n'y aura aucun retour sur investissement ni politique ni économique. Avec 900 millions de dollars. C'est 10 universités que l'on peut amener au top niveau....
1. Claire Brisset http://www.monde-diplomatique.fr/2013/06/BRISSET/49201
2. Chems Eddine Chitour : http://www.legrandsoir.info/l-afriq...
3. Emilie Guyonnet, http://www.monde-diplomatique.fr/2013/06/GUYONNET/49208
4. Hervé Amani http://www.legrandsoir.info/50e-anniversaire-de-l-ua-l-unite-africaine-a... 29 mai 2013
5. Zhor Hadjam Transfert illégal de capitaux en Afrique du Nord. L'Algérie talonne l'Egypte El Watan 30 05 2013.
6. Aniss Z. Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba des pays veulent une force africaine de réaction rapide El Watan le 28.05.2013
7. Gaëlle Laleix http://www.slateafrique.com/2161/te... 29 05 2011
8. http://www.econostrum.info/Le-Nil-p... Ethiopie_a14783.html
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Kagame et Museveni ne négocieront pas avec les FDLR et les ADF-Nalu

"Le temps de la grace vous est offert. Mais, accepter de Négocier ou pas monsieurs, cela dépend de quelque temps, vous finiriez toujours par être ratrapper par votre propre politique et vous négocieriez fin de de fin."
 
(Le millénaire 03/06/2013 - 10:37)
"Bwana Museveni-kagamé,  jueni ya kwamba Siku za mwizi ni arubaini: Ni heri mafalme zenu zifikie mwisho ili mujuwe kama kuwa ni mubaya"

En plus du déploiement de la force internationale d’interposition dans le Nord Kivu, le président Tanzanien a proposé des négociations politiques entre les pays en conflit dans la région de Grands Lacs et leurs rebellions respectives.

Cet homme d’Etat a souhaité que Kampala négocie avec les ADF-NALU, Kinshasa avec le M23 et Kigali avec les FDLR. C’était en marge du dernier sommet de l’Union Africaine qui vient de se tenir à Addis-Abeba à l’occasion du cinquantième anniversaire de cette organisation panafricaine. Comme pour dire que la présence de la force d’interposition ne résorbera pas la crise de l’Est du Congo.

Une frange des congolais a accueilli avec joie cette déclaration du leader tanzanien pensant que c’était la clé pour la résolution de la crise de l’Est.
Hier s’était l’annonce de la mise en place de force internationale d’interposition qui était applaudie et considérée comme l’unique moyen pour anéantir les forces négatives qui écument l’Est.

Fatigué de vivre dans une insécurité permanente, le peuple congolais tient à recouvrer rapidement la paix. C’est ce qui justifie son adhésion « aveugle » à toute idée tendant à hâter la pacification.

Au mois d’avril 2004, au début de la mutinerie-rébellion du M23, nous avions, sur ce même site, soutenu qu’à défaut d’avoir une capacité de mater militairement cette insurrection, la RDC n’avait qu’un seul choix : la négociation. Aujourd’hui, le temps nous donne raison. L’option militaire a coûté à la RDC d’énormes sommes d’argent et des vies humaines sans produire des résultats escomptés.

Les organisations régionales et même la communauté internationale considèrent la RDC comme le premier responsable de la sécurité de son territoire. Ce message clair veut tout simplement dire que le pouvoir congolais doit apprendre à s’assumer.

Kinshasa doit négocier avec le M23 parce que ce mouvement rebelle menace son pouvoir et a de l’emprise sur des pans entiers de la RDC. Ces négociations permettront au pouvoir en place de rétablir son autorité sur des territoires qui échappent à son contrôle et à la rébellion de s’intégrer dans les institutions nationales.

Ce n’est pas le cas avec le Rwanda et l’Ouganda. Les pouvoirs de ces deux pays ont le contrôle de tous les centimètres carrés de leurs territoires respectifs. Les FDLR et les ADF-NALU se trouvent en RDC et donc ne menacent pas du tout les pouvoirs de deux pays. Ces rebellions n’ont d’emprises sur aucune portion de leurs territoires. Les exactions qu’elles commettent ont plutôt des effets néfastes sur le sol congolais. Qu’est ce qui peut donc pousser les pouvoirs de Kampala et de Kigali à négocier ? Rien. En politique, les rapports de force comptent plus. C’est comme si on demandait au pouvoir Kabila d’aller négocier avec la diaspora congolaise qui lui est hostile.

Les présidents africains ne comprennent que le langage des armes. Tant que Museveni et Kagame n’auront pas, sur leurs territoires, de menaces de groupes armés, ils demeureront les seuls hommes forts de leurs pays et ne négocieront avec personne.

Si vraiment l’on veut pousser Kigali et Kampala à négocier avec leurs rebellions respectives, il n’y a qu’une seule façon : traquer les rebelles ougandais et rwandais présents en RDC, à défaut de les anéantir, les désarmer sur place au Congo, les obliger à retourner avec leurs armes dans leurs pays d’origines.

Quand ils auront investis quelques portions de terre au Rwanda et en Ouganda, les négociations deviendront possibles. Pour l’instant, c’est illogique de demander à Kagame de négocier avec les FDLR ou à Museveni de négocier avec les ADF-NALU.

Hélas, la RDC est loin d’avoir une armée capable de traquer les rebelles ougandais et rwandais présents sur son sol et la communauté internationale ne semble pas être pressée pour le faire à sa place.

Pour mettre son peuple à l’abri de l’insécurité, la RDC n’a pas besoin d’attendre que l’Ouganda et le Rwanda négocient avec leurs rebellions respectives. Sécuriser la population fait partie des missions du gouvernement. Ne pas le faire s’est faire montre de l’incompétence. Il faut peu attendre de la communauté internationale qui ne peut que venir en appui, et attendre tout du gouvernement congolais.

Joska Kaninda

M23 – Le Rwandais Gahama Rubuguza prend la commande des opérations, après la mort du major Nkudi

Kagamé peut-il lâcher la guerre à l'Est de la RDC ??
Il connait bien avec son entourage qui s'est déjà enrichi terriblement par la richesse du que arrêter la guerre au Kivu signifie la chute du régime tusti au rwanda.
 
Il sait aussi bien qu'ils ont tué plus 8 millions des congolais, pillés, violés en RDC et cela ne passera pas gratuitement ni restera jamais impuni au finish. Il sait aussi que les USA sont derrière lui pour conquerir la richesse du Kivu et surtout le nouveau site petrolier du bloc5 du Nord Kivu et le gaz méthane qu'il veut tout exploiter à son profit. La guerre restera longue, dure mais les peuples congolais gagneront toujours sur Kagame et sa famille des criminels.
 
(Direct.cd 03/06/2013 - 07:50)
Après l’échec de Mutaho. Le M23 renforcé sur la colline Bushanga-Kibati Le Rwandais Gahama Rubuguza commande les opérations.

Ayant subi de lourdes pertes à Mutaho, dans la province du Nord-Kivu, les rebelles du M23 renforcent leur position sur la partie Sud-est. Pour y parvenir, ils ont reçu le soutien traditionnel du Rwanda qui a dépêché le colonel Gahama Rubuguza, avec pour mission de faire tomber l’axe Kiheru-Monigi


Heureusement, tous les soldats des FARDC qui sont à Mutaho, leur poste avancé, ont le moral au zénith. Ils sont prêts à donner l’assaut, pourquoi pas aller jusqu’à Kibumba et Rutshuru. Pour le moment, ils n’attendent plus que le mot d’ordre de la hiérarchie pour aller plus loin Depuis un certain temps, toutes les tentatives du mouvement rebelle du 23 mars (M23) se concluent toujours par une cuisante défaite. La dernière en date, c’est l’attaque de Mutaho où les vaillants FARDC ont réduit à néant toute l’artillerie de la soldatesque du M23 appuyée par la Rwanda Defense Forces (RDF).

D’ailleurs, le quotidien l’Avenir était le premier et le seul à avoir annoncé la mort du Rwandais, le major Nkundi Ukuru Butera qui a succombé de ses blessures mardi dernier, avant d’être enterré à Rutshuru. Ne voulant pas être reconnu comme souteneur des rebelles du M23, Kigali s’est même permis d’abandonner ce Rwandais mort au front pour assouvir les intérêts machiavéliques de son mentor Paul Kagame.

Après avoir échoué sur la ligne Mutaho, le M23 commence à renforcer la partie Sud-est sur la colline Bushanga/Kibati. Pour ce faire, il a obtenu l’appui traditionnel de son allié, le Rwanda, qui tient coûte que coûte à concrétiser la fameuse théorie de la balkanisation de la Rd Congo. Pour conduire les opérations et faciliter la conquête de l’axe Kiheru-Monigi, Kagame a dépêché le colonel Gahama Rubuguza.

Pour les journalistes qui ont visité Mutaho, ils racontent que désormais les soldats des FARDC considèrent cette cité comme leur poste avancé. Ils ont le moral au zénith et sont prêts à donner l’assaut, pourquoi pas aller jusqu’à Kibumba et Rutshuru. Ils n’attendent plus que le mot d’ordre de la hiérarchie pour aller plus loin. Un ordre qui est difficile à être donné pour l’instant, d’autant que le Gouvernement de la République privilégie trois axes de Joseph Kabila : militaire, politique et diplomatique.

Au moment où Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies insiste sur une solution politique et lorsqu’il considère que la Brigade spéciale d’intervention ne peut pas, à elle seule, mettre un terme à l’insécurité dans l’Est de la Rd Congo, il n’est pas envisageable que le Gouvernement utilise actuellement l’axe militaire.

Toutefois, pour notre source qui cite le Gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, l’armée congolaise continue de consolider ses positions. Pour lui, Goma est mieux défendue que jamais. Au-delà de ces assurances, la sagesse voudrait qu’on se prépare toujours en conséquence pour éviter d’être surpris comme ce fut le cas l’an dernier. Car en réalité, tout le monde n’avait pas pris au sérieux l’alerte donnée par la Société civile en ce qui concerne l’attaque de la ville de Beni.
Robinson a du pain sur la planche

Plusieurs personnes sont d’avis que l’Envoyée spéciale de Ban Ki-moon , Mary Robinson n’aura pas du tout une tâche facile. Car en réalité, chaque fois qu’il y aura une quelconque dénonciation, elle devra réunir son équipe et procéder à la vérification des informations. Sinon, il y a risque qu’elle perde toute crédibilité. En plus, lorsque la Rd Congo rappelle au respect de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba ou de la Charte des Nations Unies, nombreux croient que c’est une faiblesse.
Loin s’en faut. Mary Robinson est bien placée pour exiger le respect par le Rwanda de cet engagement pris dans l’Accord-cadre libellé en ces termes :

« ne pas héberger ni fournir une protection de quelque nature que ce soit aux personnes accusées de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, ou aux personnes sous le régime de sanctions des Nations Unies », …

Le même Accord-cadre demande aux Etats de la Région de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des Etats voisins ; Ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés ; Respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats voisins ; Renforcer la coopération régionale, y compris à travers l’approfondissement de l’intégration économique avec une attention particulière accordée à la question de l’exploitation des ressources naturelles ; Respecter les préoccupations et intérêts légitimes des Etats voisins, en particulier au sujet des questions de sécurité.

Cela étant, même si le M23 tente une nouvelle aventure, son plan est dorénavant voué à l’échec. Il n’est pas étonnant de voir ce mouvement rebelle renforcer ses positions ça et là, jusqu’à son dernier retranchement, avant son dernier souffle car, en réalité le M23 est en train d’agoniser.
L’Avenir

L’Occident à la reconquête de l’Afrique

 QUEL DANGER POUR L'AFRIQUE
(La Conscience 03/06/2013 - 10:16)
Les guerres occidentales en Afrique se multiplient. En 2008, les USA créaient Africom, un centre de commandement unique pour toutes leurs opérations militaires en Afrique. Depuis, il y a eu la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali...

Sans compter la Somalie et le Congo, théâtres de violentes guerres indirectes depuis des années. Spécialiste de l’Afrique et auteur chez Investig’Action de « La stratégie du chaos », Mohamed Hassan nous explique les raisons de ces agressions à répétition. Menées par un Occident en pleine crise, elles ont pour toile de fond la lutte contre la Chine et le contrôle des matières premières.

Premier volet d’une série de trois articles sur « Les causes et conséquences de la guerre au Mali » (IGA).

Ce qui a précédé : crise et guerre
Depuis les années 70, le capitalisme est en crise. La réaction des dirigeants mondiaux du capitalisme dans les années 80 a consisté en une politique ultralibérale et une offensive idéologique acharnée contre le communisme.

En Afrique, en Asie et en Amérique latine, cette politique a été formulée dans les fameux programmes d’adaptation structurelle (PAS) qui ont fortement affaibli les États et ont balayé tout ce qui restait encore des infrastructures et des services sociaux. Dans le monde capitaliste, toutes les règles ont été supprimées, surtout — et de la façon la plus radicale — dans le monde bancaire. La législation du travail, la sécurité sociale et les droits syndicaux ont été également remis en question.

En 1990, quand le socialisme s’est effondré en Union soviétique, l’euphorie s’est emparée de l’Occident : on a parlé de la fin de l’histoire et de la victoire définitive du capitalisme. Le sigle de quatre lettres, TINA (pour There is no alternative — il n’y a pas d’alternative), a été très en vogue. Mais, au milieu des années 90, cette euphorie s’est quelque peu tempérée et le capitalisme en crise s’est mis en quête d’une nouvelle image d’ennemi.

À cette fin, la théorie du « choc des civilisations », de la guerre entre civilisations, de Samuel Huntington, s’est avérée utile. Et, déjà à l’époque, l’islam a été défini comme l’ennemi.

Sur le plan stratégique, il y a eu le livre influent de l’Américain d’origine polonaise, Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier avec, comme sous-titre, American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (littéralement : « L’hégémonie américaine et ses impératifs stratégiques » ; c’est devenu « L’Amérique et le reste du monde », dans la version française).

Pour Brzezinski, les États-Unis devaient s’appuyer sur l’Union européenne et les grands pays est-européens comme la Pologne et l’Ukraine afin de pouvoir contrôler la totalité de l’Eurasie, la plus vaste étendue de terre émergée du monde, que composent à la fois l’Europe et le continent asiatique.

À la fin de la présidence de Clinton est venu le projet PNAC (Project for a New American Century — Projet pour un nouveau siècle américain), par lequel les néoconservateurs préconisaient le remodelage du Grand Moyen-Orient. Cela allait être la politique du président américain suivant, George Bush Jr. Conséquence : la première décennie de ce siècle fut ébranlée par les guerres en Irak et en Afghanistan.

Une grossière erreur de calcul
Aussi violente et impressionnante qu’ait été la guerre en Irak lorsqu’elle débuta voici dix ans, on ne peut que constater aujourd’hui que les États-Unis ont perdu cette guerre.

Après dix ans d’occupation américaine, le contrôle politique du pays est aux mains d’un gouvernement qui écoute davantage le pays voisin, l’Iran — l’ennemi de toujours de Washington — que ses maîtres américains mêmes. Si, par l’occupation de l’Irak, l’intention des États-Unis était de contrôler la production de pétrole à l’échelle mondiale, cela aussi a été un échec : une partie importante du pétrole irakien part actuellement en Chine.

Et les hausses du prix de l’or noir ont également enrichi des pays producteurs de pétrole qui ne sont pas en très bons termes avec les États-Unis : l’Algérie, le Venezuela, la Libye, la Russie. Ces pays ont pu de la sorte se constituer d’importantes réserves monétaires, ce qui a accru leurs possibilités de suivre un cours indépendant.
En ce qui concerne la Russie, dans les années 90 Washington a soutenu les islamistes radicaux en Tchétchénie dans le but d’affaiblir plus encore le pays.

Au cours d’une lutte sanglante, la capitale tchétchène Grozny a été réduite en ruines et on a déploré, en outre, le drame des otages à l’école de Beslan (1).

Mais la Russie a tenu bon et, sous Poutine, est redevenue un pays absolument autonome et indépendant bénéficiant également d’une forte croissance économique.

Mais c’est surtout en Chine que les États-Unis se sont trompés. Leur intention, c’était de voir la poursuite de l’application du libre marché mener enfin à l’effondrement du système d’État socialiste, comme cela avait été le cas plus tôt en Union soviétique.

Mais cela n’a pas eu lieu et l’économie chinoise a continué à croître. La Chine a dépassé, l’un après l’autre, les grands pays capitalistes et est devenue aujourd’hui la deuxième économie au monde, après les États-Unis, ainsi que la plus grande puissance commerciale.

Si cette évolution se poursuit, ce n’est plus qu’une question de temps avant que la Chine ne dépasse aussi les États-Unis. Dans le sillage de la Chine, on trouve, par ailleurs, nombre de grands pays du tiers monde, comme l’Inde et le Brésil, tandis que quelques grands pays africains se sont mués eux aussi en pays émergents : l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria. Ensemble, les principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constituent ce qu’on appelle les BRICS.

À mesure que se développait cette évolution, on était de plus en plus désespéré, en Occident, par ce « printemps chinois » pro-occidental qui se faisait attendre et l’idée faisait alors son chemin d’approcher ouvertement la Chine en tant qu’adversaire stratégique, dans une deuxième « guerre froide » et une politique d’encerclement, d’endiguement et de confrontation.

Quand, en novembre 2011, le président américain Obama effectua un vaste périple en Asie, il déclara que les États-Unis étaient et restaient une « puissance pacifique », faisant allusion à l’océan Pacifique qui sépare les États-Unis et l’Asie.

« L’Asie est désormais la priorité numéro un des États-Unis », ajoutait-il. Ce n’est pas un hasard si le premier voyage à l’étranger d’Obama après les élections présidentielles de 2012 n’a pas eu pour destination l’Europe ou l’Amérique latine, mais bien la Birmanie, un pays clé dans la politique d’encerclement de la Chine.

L’importance stratégique croissante de l’Afrique
C’est dans ce nouveau cadre politique que l’Africom a été fondé en 2008.

Il s’agit d’une importante réforme stratégique des centres de commandement suprême de l’armée américaine.

L’Africom réunit désormais toutes les opérations de l’armée américaine en Afrique sous un commandement unique (dont le quartier général se trouve à Stuttgart), alors qu’auparavant elles dépendaient de trois commandements différents. Il ne s’agit pas d’une opération de chirurgie esthétique : cette réforme reflète la grande importance stratégique du continent africain dans la politique américaine de confrontation avec la Chine.

Les progrès rapides de la technologie font que de plus en plus de matières premières sont nécessaires pour l’industrie des pays capitalistes, mais aussi pour celle de la Chine et des autres économies émergentes.

Dans le sous-sol africain se trouvent d’importantes réserves encore intactes de pétrole, de gaz et de métaux ordinaires ou rares. On estime que le continent possède 40 % des matières premières minérales du monde ce qui lui confère une grande importance stratégique.

La croissance spectaculaire de la Chine et des autres économies émergentes requiert en effet d’énormes quantités de matières premières. En outre, les BRICS ont grandement besoin de possibilités d’exportation et, pour eux aussi, l’Afrique constitue un marché d’écoulement très prometteur.

Si les États-Unis veulent mettre un terme à l’ascension de la Chine (la politique de l’ « endiguement »), l’Afrique constitue un élément clé pour la décennie à venir. En attendant, depuis quelques années, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Afrique. Les États-Unis viennent ensuite et tous deux ont dépassé les anciennes métropoles coloniales qu’étaient la France et la Grande-Bretagne.

Conquérir le contrôle de l’Afrique devient donc urgent pour Washington, et cela ne peut se faire uniquement par la concurrence des acteurs économiques au sein d’un marché « libre ». Pour le bloc impérialiste, il s’agit tout autant d’une question militaire.

D’où le rôle décisif joué par les armées des États-Unis et des pays européens depuis 2011 dans les guerres en Côte d’Ivoire, en Libye et aujourd’hui au Mali. Ce qui surprend ici, c’est que les États-Unis se profilent de façon peut-être plus discrète, aux yeux de l’extérieur, tandis qu’en même temps, par leur Africom et leur énorme réseau politique et diplomatique, ils tiennent malgré tout fermement les rênes en main.

Cette intervention directe des armées des États membres de l’Otan dans les guerres africaines, avec un rôle clé pour Africom, ne fera que s’accroître au cours des années à venir. Par ailleurs, Africom est également impliqué dans un nombre spectaculairement croissant de programmes de collaboration militaire avec des armées africaines, sous la forme de formation et d’exercices en commun.

Le but est de prendre pied au sein de ces armées et de faire mener le plus possible les guerres qui auront lieu en Afrique par des armées africaines — mais, naturellement, toujours en fonction des intérêts des États-Unis.

Cette stratégie, Washington l’applique depuis des années déjà dans deux pays qui sont très importants sur le plan géostratégique : la Somalie et la République démocratique du Congo. Les armées, respectivement, de l’Éthiopie, de l’Ouganda et du Rwanda se chargent sur place du boulot.

Aujourd’hui, les États-Unis passent à la vitesse supérieure dans le travail préparatoire de ce genre d’interventions. En 2012, une brigade de l’armée américaine a reçu la mission de mener des activités dans pas moins de 35 pays africains, un nombre record.

Cette tentative de soumettre militairement l’Afrique afin de contrôler l’influence économique de la Chine et des autres économies émergentes s’effectue sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Et c’est ainsi que nous en arrivons au mouvement intégriste islamique et à ce que les médias ont appelé le « Printemps arabe ».

Extrait de « Causes et conséquences de la guerre au Mali », article paru dans Études marxistes, n°101. La suite bientôt disponible sur michelcollon.info.

Notes
(1) Voir Wikipedia.
Mohamed Hassan est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique. Il est l’auteur, avec David Pestieau, de L’Irak face à l’occupation (EPO, 2004) et, avec Grégoire Lalieu et Michel Collon, de La stratégie du chaos, Investig’Action/Couleur Livres, 2012.
L’Occident à la reconquête de l’Afrique
Mohamed Hassan©michelcollon.info