(RFI 28/06/2012)
Le Rwanda a bel et bien violé un embargo sur les livraisons d'armes en aidant les rebelles de l'est du Congo, c'est ce qu'affirment les experts de l'ONU, qui assurent disposer de preuves accablantes que des gradés de l'armée rwandaise fournissent armes, recrues et ravitaillement aux mutins du M23. Le Rwanda avait par avance démenti lundi toute aide aux rebelles congolais.
Les experts de l'ONU qui travaillent sur le rapport depuis la fin 2011 sont formels : ils disposent de preuves accablantes de l'implication de l'armée rwandaise aux côtés des soldats mutins du M23.
Selon l'ONU, des officiers rwandais de haut rang ont fourni une aide directe à la création du mouvement rebelle, en apportant à la fois des armes, des soldats et des jeunes recrues. Par ailleurs selon les experts, les responsables rwandais sont aussi impliqués dans l'octroi d'un soutien politique et financier au M23.
Le rapport, ainsi que ses annexes, ne devait pas être rendu public avant la fin août mais la RDC a multiplié les accusations, notamment envers les Etats-Unis soupçonnés de vouloir protéger leur allié rwandais. Finalement, ces accusations ont conduit le Conseil de sécurité à accélérer le processus de divulgation du texte.
Côté Rwandais, on a par avance démenti les conclusions du rapport. Lundi, la ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo a affirmé que son pays ne soutenait en aucune façon les rebelles de l'est du Congo. Hier, elle déplorait le fait que ce rapport encore partiel ait été divulgué sans que Kigali ait pu apporter ses réponses.
Quant à son homologue congolais, Raymond Tshibanda, il attend maintenant que l'ONU tire toutes les conclusions de ce rapport et prenne ses responsabilités pour, dit-il, que le soutien rwandais aux rebelles prenne fin.
Raymond Tshibanda
Ministre congolais des Affaires étrangères
La RDC exige le respect par tous des règles établies pour la bienséance entre les Etats et la cohabitation pacifique.
28/06/2012 par Olivier Rogez
Le rapport qui a failli rester secret
Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour
Il aura fallu plusieurs semaines d’hésitation avant que le Conseil de sécurité n’accepte de publier ce document. Le groupe d’experts de l’ONU affirme disposer de « preuves accablantes » du soutien rwandais aux rebelles du M23 dans l’est de la RDC.
Cette mise en cause aurait pu rester confidentielle, si les diplomates congolais n’avaient pas alerté la presse. Une fois l’affaire au grand jour, les Etats-Unis ont finalement levé leurs réticences. Il était impossible de couvrir ce qui apparaît comme une violation flagrante de l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies.
Le Rwanda dénonce une « hystérie médiatique » et promet de répondre à ce rapport. Les accusations sont embarrassantes, mais les conséquences aux yeux de l’ONU seront limitées.
La RDC va déposer une plainte devant le comité des sanctions qui a peu de chances d’aboutir. Dans une résolution adoptée le 27 juin sur la Monusco, le Conseil de sécurité condamne le « soutien extérieur à tous les groupes armés » en RDC mais s’abstient de citer nommément le Rwanda.
tags: Joseph Kabila - Paul Kagame - RDC - Rwanda
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jeudi 28 juin 2012
mardi 26 juin 2012
Joseph Kabila: des graves révélations sur ses origines, apres enquêtes
C'est incroyable mais vrai. Voici les enquêtes revelateurs faite sur les origines de Joseph Kanambe en Tanzanie, qui se dit Kabila. Pour voir les revélations sur Joseph Kanambe, les enquêtes faitent avec images et preuves à l'appui. cliquer sur le lien:
http://www.youtube.com/watch?v=Vny4hvfjZtc&feature=related
Kinshasa: la prostitution monnaie courante dans les rues
La RDC capital mondial des viols, la ville de Kinshasa n'est pas epargnée. La prostitution des fillettes de 12 à 15ans en vogue dans les rues, les viols des mineurs,...
Pour visualiser la scène cliquer sur le lien suivant:
http://www.youtube.com/watch?v=noG-5nzLLfQ&feature=player_embedded#!
Pour visualiser la scène cliquer sur le lien suivant:
http://www.youtube.com/watch?v=noG-5nzLLfQ&feature=player_embedded#!
dimanche 24 juin 2012
RDC : l'UA demande aux soldats dissidents du Nord-Kivu de déposer les armes
(Xinhuanet 23/06/2012)
ADDIS ABEBA -- L'Union africaine (UA) a exprimé ses vives inquiétudes face aux combats qui font actuellement rage dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), et qui ont un impact humanitaire sur les groupes vulnérables.
L'UA a annoncé vendredi dans un communiqué que son Conseil pour la paix et la sécurité (CPS) avait demandé aux officiers et soldats mutins de déposer les armes sans tarder et de réintégrer les unités des forces armées de la RDC.
Le Conseil a souligné une fois de plus que la course à la rébellion armée représente une menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique, ainsi que pour la viabilité des processus de démocratisation en cours sur le continent.
Rappelant les nombreux accords conclus entre les groupes armés nationaux et le gouvernement de la RDC, le Conseil a fermement condamné l'action des éléments armés impliqués dans les attaques contre l'Etat congolais.
Les combats auraient commencé en avril entre les soldats du gouvernement et un vaste groupe de dissidents de l'armée régulière.
Le Conseil a souligné le besoin pour tous les éléments du Congrès national pour la Défense du Peuple (CNDP) de respecter scrupuleusement les engagements pris par le CNDP, dans l'Accord de Goma du 23 mars 2009, pour devenir un parti politique et poursuivre ses actions par des canaux politiques.
Le Conseil a également demandé la dissolution immédiate du Mouvement du M23, mis en place par les mutins.
"Le Conseil en particulier, a exprimé son indignation face aux violences continues faites aux femmes dans l'est de la RDC, et a appelé à la fin immédiate de ces crimes et à des mesures pour assurer leur protection et réhabiliter les victimes. Le Conseil a souligné que l'Afrique devait jouer un rôle leader dans ces efforts, en coopération avec le reste de la communauté internationale", a-t-on pu lire dans le communiqué de l'Union africaine.
© Copyright Xinhuanet
ADDIS ABEBA -- L'Union africaine (UA) a exprimé ses vives inquiétudes face aux combats qui font actuellement rage dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), et qui ont un impact humanitaire sur les groupes vulnérables.L'UA a annoncé vendredi dans un communiqué que son Conseil pour la paix et la sécurité (CPS) avait demandé aux officiers et soldats mutins de déposer les armes sans tarder et de réintégrer les unités des forces armées de la RDC.
Le Conseil a souligné une fois de plus que la course à la rébellion armée représente une menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique, ainsi que pour la viabilité des processus de démocratisation en cours sur le continent.
Rappelant les nombreux accords conclus entre les groupes armés nationaux et le gouvernement de la RDC, le Conseil a fermement condamné l'action des éléments armés impliqués dans les attaques contre l'Etat congolais.
Les combats auraient commencé en avril entre les soldats du gouvernement et un vaste groupe de dissidents de l'armée régulière.
Le Conseil a souligné le besoin pour tous les éléments du Congrès national pour la Défense du Peuple (CNDP) de respecter scrupuleusement les engagements pris par le CNDP, dans l'Accord de Goma du 23 mars 2009, pour devenir un parti politique et poursuivre ses actions par des canaux politiques.
Le Conseil a également demandé la dissolution immédiate du Mouvement du M23, mis en place par les mutins.
"Le Conseil en particulier, a exprimé son indignation face aux violences continues faites aux femmes dans l'est de la RDC, et a appelé à la fin immédiate de ces crimes et à des mesures pour assurer leur protection et réhabiliter les victimes. Le Conseil a souligné que l'Afrique devait jouer un rôle leader dans ces efforts, en coopération avec le reste de la communauté internationale", a-t-on pu lire dans le communiqué de l'Union africaine.
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l’antithèse de la balkanisation Afrique - Les convictions de Théophile Obenga -
Mesdames et Messieurs, J'ai été invité à présenter mon dernier ouvrage sur l'Etat fédéral d'Afrique noire : la seule issue, publié à Paris, chez l'Harmattan, en 2012. Il est mince de 71 pages et comporte 35 illustrations.
Je voudrais surtout, si vous me l'accordez, en présenter prioritairement l'argument, c'est-à-dire la motivation profonde, son urgence nécessaire et son actualité pressante, pour percevoir toute l'ampleur de la question et son extrême importance dans cette Afrique noire contemporaine, celle d'aujourd'hui et, surtout, il va sans dire, celle de demain.
Il s'agit d'espoir, de vision que l'on peut qualifier sans hésiter d'utopique, mais l'utopie, quand elle prend corps et se concrétise, devient nécessairement un événement d'une portée historique inédite.
Les êtres humains vivent d'utopie, d'imaginaire, d'illusion et d'espérance : les animaux, non, ou jamais, et jamais.
Le Christianisme, on le sait, est né dans un immense bain de sang, car il ne fut, aux siècles initiaux, qu'une utopie envahissante au nom de l'amour du prochain et de l'amour du Dieu unique.
Où en sommes-nous aujourd'hui ?
La fédération des USA n'était au début, il y a près de 300 ans, qu'une volonté politique assez illusoire qui fut vivement combattue par les Etats sécessionnistes du Sud.
Où en sommes-nous aujourd'hui ?
La lutte de l'ANC contre la forteresse de l'apartheid fut estimée vaine et infructueuse par des intellectuels vaillants et respectés, de réputation internationale.
Où en sommes-nous aujourd'hui ?
Les peuples qui n'ont pas d'utopie n'ont pas d'avenir. Les peuples qui ne cultivent aucune utopie périssent dans la monotonie.
Les peuples dont les élites ne portent pas le débat sur de grandes ambitions vivent presque en marge, sinon, en dehors de l'humanité.
L'utopie est nécessaire : l'utopie, c'est-à-dire la vision, la perspective, la prospective, l'avenir, selon des choix majeurs, des intérêts supérieurs, des normes porteuses de vérité, de dignité, de justice et de prospérité.
Les faits africains actuels exigent la formulation ou la reformulation de grandes utopies africaines.
Mais quels faits africains ?
Les faits africains actuels sont présentés par des experts, d'ici et de là, et ça et là, comme des faits qui ne sont que des effets, mais des effets sans cause. C'est de la très mauvaise épistémologie, celle qui consiste à présenter des faits en négligeant ou en biffant leurs causes véritables. Des faits sans cause, cela relève de quelle théorie de la connaissance ?
Mais que constate-t-on ? Que dit-on dans les officines ?
Les faits épinglés que voici, sur l'ensemble du continent africain : - élections confuses, non transparentes, peu crédibles - conflits post-électoraux à caractère ethnique - mauvaise gouvernance - corruption des milieux politiques et du climat des affaires - crises alimentaires aiguës et chroniques - pauvreté, précarité, souffrance - systèmes pédagogiques de misère - chômage des jeunes ; sous-emploi généralisé - déforestation indisciplinée, irrationnelle - absence non inquiétante d’Africains sur la scène des affaires du monde - manque notoire d’acquis scientifiques et technologiques modernes - maladies pandémiques : Sida, malaria, etc.
Voilà les faits négatifs dont les causes profondes restent volontairement obscures et vagues, inanalysables.
Voici en revanche les faits positifs : - éclat et dynamisme de la culture africaine : arts, musiques, danses, peinture, littérature, etc. -notoriété croissante du sport africain, notamment le football et ses compétitions interafricaines.
Comment comprendre ?
L'Afrique est une question. Cette question est, à ce qu'on répète quotidiennement, le sous-développement persistant.
L'Afrique est sous-développée et son problème est le combat contre le sous-développement. Or, la réalité, lourdement négative, montre que l'Afrique ne peut que se débattre perpétuellement, pour des siècles encore, dans le sous-développement, en vue de son hypothétique développement.
L'Afrique est une question, celle de son sous-développement et la solution à ce sous-développement réside dans le développement ; dire que le sous-développement se développe, c'est-à-dire le développement du sous-développement s'accroît. On voit bien que le "co-développement" proposé lors du discours de la rupture n'était qu'une tromperie de plus.
Or, rien n'a manqué à l'Afrique : - les aides humanitaires quotidiennes - les conseils cher payés des experts des institutions monétaires internationales - la coopération bilatérale et multilatérale sans cesse diversifiée - le partenariat tous horizons, tous azimuts - les heureux programmes d'ajustement structurel - les codes bien pensés de bonne gouvernance sous injonction étrangère - les dialogues Nord-Sud ; les transferts de technologie ; les campagnes éphémères d'alphabétisation - les lois et commissions de lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite, etc.
Et toujours l'Afrique vagit dans le sous-développement, devenu durablement chronique, avec des dettes injustes additionnées à des recettes étatiques déjà maigres, sans compter la précarité des termes de l'échange.
Cependant, à bien y réfléchir, le vocable même de "développement" est une ruse occidentale visant l'enfermement de l'Afrique dans le sous-développement et les cultures de rente.
Les pays qui se développent effectivement en construisant chaque jour des hôpitaux, des écoles, des stades, des barrages, des aéroports, des chemins de fer, des autoroutes, des laboratoires et des industries de pointe, ne prononcent presque jamais le terme de "développement".
Au demeurant, combien de fois le président des USA a-t-il prononcé l'expression : "développement des USA", alors que les USA se développent tous les jours, guidés par le concept ambitieux de leadership incontesté du monde.
Les pays qui se développent tous les jours ne font pas usage diarrhéique du mot "développement".
L'Occident a réussi à convaincre l'intelligentsia africaine que cette question du développement est la question centrale, alors que l'on sait, par ailleurs, que l'Afrique ne pourra pas se développer totalement à l'échelle de l'Etat-nation, à cause de nombreux faits négatifs et, cela, malgré les aides et les coopérations, malgré les morales et les éthiques de bonne gouvernance.
Ce qui signifie, clairement, et même très clairement, que l'Afrique doit rester à jamais dans le sous-développement ou le quasi-développement, afin d'assurer le développement de l'Occident en fournissant presque gratuitement toutes les matières premières dont l'Occident a absolument besoin pour son développement, son progrès, sa puissance, son bonheur.
Le pompage de l'Afrique par l'Occident installe, ici, le sous-développement, et crée, là-bas, le développement. L'Etat-nation africain actuel ne peut pas arrêter le pompage de l'Afrique par l'Occident. Ce pompage continu signifie que l'Occident n'a aucun intérêt à ce que l'Afrique noire se libère et se développe.
La cause profonde du sous-développement de l'Afrique noire n'est jamais que l'Occident, depuis le XIIIème siècle, à travers la traite négrière atlantique, l'esclavage, la colonisation, la domination, l'apartheid, la néo-colonisation, avec des structures inégalitaires et non viables historiquement comme la "France-Afrique". Cela fait au total près de 10 siècles de malheur. Si l'Afrique possède la maîtrise de ses ressources minières, de ses forêts, de ses hydrocarbures, de ses eaux maritimes, de ses terres arables, alors l'Occident s'affaiblit inéluctablement. Donc, il faut, pour le salut de l'Occident et la domination des "Damnés de la terre" (Frantz Fanon) que l'Afrique noire soit toujours asservie, infantilisée, néocolonisée, sous-développée.
La question de l'Afrique n'est donc pas le sous-développement ou le développement mais, très nettement, la question du rapport de forces dans le monde contemporain.
Pot de terre contre pot de fer : qui gagne, qui domine, qui dirige, qui fait la loi ?
De pot de terre, la Chine est devenue pot de fer. Et le respect est là. Et l'on signe des accords nucléaires.
De pot de terre, l'Inde est devenue pot de fer. Et l'admiration est là. Et l'on signe des accordes nucléaires.
L'émergence, si souhaitée, si proclamée, c'est devenir simplement pot de fer. C'est tout. Tant que l'Autre ne respecte pas votre dignité, vous n'êtes que pot de terre.
Toutes les géopolitiques et les géostratégiques du monde contemporain montrent que les nations, les Etats, les peuples ont changé d'échelle : de pots de terre, ils veulent tous devenir pots de fer, et c'est cela la mondialisation, telle qu'elle se passe sous nos yeux. L'Etat-nation africain actuel doit changer d'échelle et se fondre constitutionnellement dans l'Etat fédéral africain continental.
Car les faibles, les pauvres, les fragiles, les timides, les balkanisés ne sont que pots de terre, avec leurs gouvernements, leurs assemblées nationales, leurs institutions démocratiques, leurs économies vacillantes, leurs bas niveau scientifique et technologique, leur ardeur exégétique enflammée.
La question de l'Afrique n'est pas le développement, mais la création d'une puissance politique africaine à l'échelle continentale. Il faut des Etats-nations africains locomotives, c'est-à-dire leaders pour cette grandiose vision panafricaine qu'est l'Etat fédéral africain à l'échelle continentale. Il n'est jamais trop tôt. Il n'est jamais trop tôt pour écrire l'histoire de l'Afrique en Afrique par les Africains dans un monde si complexe et si difficile en perpétuelle crise politique, financière, économique, morale et spirituelle.
Dans le livre L'Etat fédéral d'Afrique noire : la seule issue, j'ai tenté, après DuBois, Marcus Garvey, Kwame Nkrumah, Lumumba, Cheikh Anta Diop, d'esquisser de façon assez précise les contours et fondements politiques, énergétiques, économiques, techniques, industriels, communicationnels, etc. de cette puissance continentale africaine qui assurera la libération définitive des peuples africains.
L'Afrique est immense, géographiquement, et nombreuse, démographiquement. Il lui faut de vastes et solides ambitions. Le projet de "Paix perpétuelle" de KANT est encore si lointain, hors de portée du monde actuel. Il nous faut réactualiser le panafricanisme. Le monde contemporain est ce qu'il est : le partage à toute l'humanité des richesses du monde n'est pas pour demain. Les pays riches se refusent catégoriquement d'accueillir et de soulager la misère du monde.
Ainsi, donc, et sans ambiguïté, l'Etat fédéral africain demeure la seule issue, pour aujourd'hui et pour demain. Tout doit s'orienter et s'acheminer vers cette historique issue.
Une nouvelle conscience africaine est par conséquent appelée à l'existence.
Cette nouvelle conscience africaine, devant les nouvelles exigences de vie et de survie, est l'œuvre de toutes les forces vives africaines : .
Écrivains, romanciers, hommes et femmes de théâtre, poètes, qui doivent quitter la description des faits coloniaux et post-coloniaux pour aborder désormais les thèmes majeurs de l'Afrique nouvelle ; .
Musiciens, artistes, athlètes, cinématographes ; couturiers, modélistes, qui doivent percer les mystères, mobiliser les forces, les énergies, les mentalités collectives en fonction du présent et de l'avenir ; . Intellectuels, universitaires, penseurs, cadres, libraires, bibliothécaires, documentalistes, archivistes, muséologues, hommes et femmes des églises, qui doivent chasser l'ignorance, répandre les connaissances, innover et inventer d'autres discours dont les dynamiques transcendent le convenu pour ouvrir de nouvelles perspectives africaines plus solidaires ; . Hommes et femmes politiques, animateurs associatifs, leaders des partis politiques, journalistes engagés comme témoins et acteurs sociaux objectifs, qui doivent hisser les intérêts fondamentaux du peuple africain au-dessus des contingences et accessoires ; . Industriels, banquiers, économistes, juristes, commerçants, militaires, hommes et femmes d'affaires, paysans, ouvriers, citadins, ruraux, constructeurs, architectes, ingénieurs, inventeurs, médecins, pharmaciens, jeunes, adultes, femmes, hommes, qui doivent toujours imaginer et augmenter la créativité africaine et l'échelle continentale.
La construction d'une nouvelle Afrique dans le cadre de l'Etat fédéral africain requiert ainsi une mobilisation générale de toutes les énergies africaines pour le bien-être, la bonne vie, le bonheur de l'ensemble du peuple africain.
Telle est l'initiative africaine dans le monde contemporain qui se résume dans le choix de la solidarité, le choix de la puissance africaine dans un Etat fédéral. Le choix du royaume politique est à opérer avant les schémas économistes, pour l'avènement de "demain l'Afrique" (Edem Kodjo).
Alors, il n'y aura plus de conflits post-électoraux, de politiques de réconciliation nationale, encore moins d'interventions militaires occidentales néocoloniales ; plus de réseaux néocoloniaux, plus de pillage des matières premières, plus de "France-Afrique" : tout l'accessoire cédera alors la place à l'essentiel.
Il ne restera que l'essentiel : la construction d'une humanité de justice, d'égalité, de fraternité et de progrès pour la paix et le bien-être de la famille humaine.
N'est-il pas possible de créer une chaîne d'union panafricaine avec siège à Kinshasa dont le but principal serait d'examiner et de promouvoir le chronogramme de l'Etat fédéral contenu dans l'Etat fédéral de l'Afrique noire : la seule issue (pp. 57-58).
Je vous remercie, Mesdames et Messieurs, Chers amis, le cœur plein de gratitude.
Kinshasa, le 22 juin 2012
Encadré
Théophile Mwené Ndzalé Obenga, né à Mbaya (République du Congo), le 2 février 1936, est égyptologue, linguiste et historien. Avec Cheikh Anta Diop, il défend une vision de l'histoire africaine recentrée sur les préoccupations des chercheurs et intellectuels africains, soucieux de revisiter leur patrimoine (Afrocentricité).
Docteur d’État ès lettres en Sciences Humaines (Sorbonne), il a étudié diverses disciplines : philosophie, linguistique historique comparative, archéologie préhistorique, sciences de l'éducation, égyptologie. Théophile Obenga a étudié la philosophie à l'Université de Bordeaux. Il a fait des études d'histoire au Collège de France, à Paris, et a appris l'égyptologie à Genève. Il a également suivi une formation en sciences de l'éducation à Pittsburgh. Parmi ses professeurs, il y eut Émile Benveniste en linguistique historique, Jean Leclant et Charles Maystre en égyptologie, Rodolphe Kasser en copte, Lionel Balout en paléontologie humaine.
Ancien directeur général du Centre international des civilisations bantu (CICIBA) à Libreville, il est aujourd'hui professeur à la faculté de civilisations africaines à l'université d'État de San Francisco, qui est un campus de l’université de Californie.
Il dirige Ankh, «revue d’égyptologie et des civilisations africaines» éditée à Paris. Entre autres préoccupations scientifiques, cette revue explore les différentes voies de recherche initiées ou renouvelées par Cheikh Anta Diop, dans une perspective épistémologique replaçant l'Égypte ancienne dans ce qu'il considère comme son «cadre naturel africain» et comme l'une des «civilisations négro-africaines anciennes».
Théophile Obenga est l'auteur d'une théorie de linguistique historique qu'il a baptisée «négro-égyptien», celle-ci identifierait des propriétés communes aux langues «négro-africaines», établissant une parenté génétique entre lesdites langues ; y compris l'égyptien ancien et le copte. Le négro-égyptien serait, selon Théophile Obenga, «l'ancêtre commun prédialectal» des langues «négro-africaines» anciennes ou contemporaines. Il estime ainsi avoir reconstitué théoriquement la matrice linguistique de cette parenté génétique des langues négro-africaines.
Les travaux de Théophile Obenga ont un double objectif : mettre en avant les rapprochements entre l'égyptien ancien et les langues d'Afrique noire pour accréditer sa théorie d'une origine commune, et de mettre en avant les divergences entre l'égyptien ancien et les langues berbères et sémites pour essayer de l'extraire de la famille des langues afro-asiatiques dans laquelle les linguistiques placent habituellement l'égyptien ancien.
Par Le Potentiel
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(Le Potentiel 23/06/2012)
Dans le monde scientifique, il est présenté comme «le dernier de cheikh Anta Diop» tant il se fait grand défenseur des idées défendues par le savant sénégalais. Lui, c’est Théophile Obenga, égyptologue, linguiste et historien, originaire du Congo/Brazzaville. C’est à l’Université de Kinshasa qu’il a exposé hier vendredi son projet d’un «Etat fédéral africain» qu’il considère comme «la seule issue» pour le développement de l’Afrique. Comme tout peuple qui aspire au développement, l’Africain doit se nourrir des utopies, mêmes les plus invraisemblables, rappelle-t-il. Car, selon lui, «les êtres humains vivent d’utopie, d’imaginaire, d’illusion et d’espérance». C’est de cette manière, se défend-il, que se sont formées de grandes civilisations et de grands courants de pensée tels que le christianisme, les Etats-Unis, l’ANC en Afrique du Sud et bien d’autres encore. Aussi conclut-il que «les peuples qui n’ont pas d’utopie n’ont pas d’avenir». Après avoir expérimenté, sans succès d’ailleurs, plusieurs modèles de développement, il pense que «l’Etat-nation africain actuel doit changer d’échelle et se fondre constitutionnellement dans l’Etat fédéral africain continental». Car, note-t-il, «la question de l’Afrique n’est pas le développement, mais la création d’une puissance politique africaine à l’échelle continentale. Tout le reste trouvera sans délai des solutions convenables». Une thèse qui est en contradiction avec le point de vue soutenu par ceux qui, depuis des années, travaillent pour la balkanisation de certains pays africains comme la RDC. Des guerres à répétition dans sa partie Est riment avec cette théorie. Aujourd’hui, Théophile Obenga propose une autre voie pour sortir l’Afrique de son sous-développement. Ce qui balaie d’un revers de la main la thèse de la balkanisation pour laquelle la RDC paie le lourd tribut. Pour Théophile Obenga, «l’Etat fédéral africain demeure la seule issue, pour aujourd’hui et pour demain. Tout doit s’orienter et s’acheminer vers cette historique issue». Une nouvelle conscience africaine est par conséquent appelée à se mettre en place pour matérialiser ce rêve. «N’est-il pas possible de créer une chaîne d’union panafricaine avec siège à Kinshasa dont le but principal serait d’examiner et de promouvoir le chronogramme de l’Etat fédéral de l’Afrique noire». C’est l’essentiel de l’appel lancé hier vendredi sur les collines de l’Université de Kinshasa par le professeur Théophile Obenga. Une piste à explorer dans le combat contre la balkanisation de la RDC. Ci-dessous l’intégralité de la conférence animée à l’Université de Kinshasa, Unikin, par le professeur Théophile Obenga. «L'Etat fédéral africain : la seule issue» par Théophile Obenga Monsieur le recteur de l'Université de Kinshasa, Messieurs les directeurs, Mesdames et Messieurs les professeurs et chers collègues, Chers étudiants de la Communauté universitaire de l'Université de Kinshasa, Chers amis,
Je voudrais, avant tout propos, dire ma profonde gratitude à l'Administrateur directeur général du Groupe de presse "Le Potentiel", Monsieur Freddy Mulumba Kabuayi, au directeur exécutif de l'Institut congolais de recherche en développement et études stratégiques, Monsieur le professeur François Mukoka Nsenda, ainsi qu'au directeur du Centre d'études politiques ; et au directeur du Centre de recherche en épistémologie des sciences sociales et humaines.
Je m'empresse aussi de reconnaître et de saluer tant d'éminentes personnalités et tant d'excellents collègues universitaires, pour leur présence encourageante.
A toute la communauté universitaire de l'Université de Kinshasa, administrateurs en tête desquels Monsieur le recteur, enseignants et étudiants, j'adresse mes salutations les plus cordiales en signe de haute estime et de solidarité académique, toujours exemplaire, édifiante, enrichissante. Mesdames et Messieurs,
C'est toujours un immense plaisir de se retrouver à Kinshasa, ville de lumière, mais aussi, et bien plus, ville bientôt fière de ses 12 millions d'habitants qui font chaque jour le charme urbain, la vivacité culturelle et la force intellectuelle de cette grande métropole au cœur de l'Afrique centrale, au bord du puissant fleuve qui arrose également Brazzaville.
Ce qui fait que Kinshasa et Brazzaville semblent continuer un seul espace urbain lié par un même espace fluvial, bientôt enjambé par un pont moderne.
Mais le meilleur, c'est justement la fraternité et l'amitié que se partagent entre eux les Kinois et les Brazzavillois, et les Brazzavillois l'ont encore ressenti profondément lors de la tragédie de Mpila, le 4 mars 2012, ayant reçu de Kinshasa, tant des pouvoirs publics que du secteur privé, un soutien spontané multiforme d'un poids considérable. Je voudrais par conséquent me permettre de rassurer Kinshasa de la reconnaissance de Brazzaville.
Assemblée nationale : Matata défend un projet de Budget 2012 de 7 577,9 milliards FC
(Le Potentiel 23/06/2012) L'élaboration du projet de loi des Finances a pris en compte la conjugaison de plusieurs facteurs, notamment l'organisation effective en 2013 des élections provinciales et sénatoriales et la conclusion de la dernière revue du programme économique du gouvernement.
Le Premier ministre, Matata Ponyo, a présenté, hier vendredi 22 juin devant la représentation nationale, le projet de loi des Finances pour l'exercice 2012.
Arrêté en équilibre, en recettes et en dépenses à 7 577,9 milliards de francs congolais équivalent à près de 8 069 milliards de dollars américains, ce projet met en application, selon Matata Ponyo, les dispositions pertinentes de la loi des Finances publiques, précisément dans son article 228.
Les recettes propres des provinces ne sont plus reprises dans le projet de loi des Finances qui se rapportent aux Finances du pouvoir central. Elles seront d'abord présentées dans les édits budgétaires, puis incluses dans la loi de consolidation budgétaire, qui représente les recettes et les dépenses de toute l’administration publique, neutralisant les transferts intergouvernementaux.
En ce qui concerne le cadre macroéconomique qui sous-tend à l'élaboration des prévisions budgétaires de l'exercice 2012, le Premier ministre Matata le présente visiblement avec satisfecit: «le taux de croissance du PIB 6,6%. Déflateur du PIB 9,7%. Taux d'inflation moyen 12,7%. Taux d'inflation à fin période 9,9%. Taux de change moyen 939,12 FC le dollar. Taux de change a fin période 967,59FC le dollar. Et le PIB nominal est de 17.260,9 milliards de FC».
Le premier ministre précise la constitution de l'enveloppe budgétaire. «Ainsi, le montant de 7 577,9 milliards de francs congolais est constitué de recettes internes hors provinces estimées à 4 717,4 milliards de FC et des recettes extérieures chiffrées à 2 860,5 milliards de FC.
Les recettes internes accusent ainsi un taux de croissance de 43,6% par rapport à leur niveau de l'exercice 2011. Elles sont pour l'essentiel constituées de recettes courantes à l'ordre de 4 696 milliards de FC. Les recettes extérieures s'élèvent à 2 860,5 milliards de FC et sont regroupées en deux catégories, à savoir les appuis budgétaires de l'ordre de 323,9 milliards de FC et les recettes de financement des investissements chiffrées à 536,7 milliards de FC», a indiqué le Premier ministre.
Par ailleurs, Augustin Matata Ponyo, qui dispose de quarante-huit heures pour rencontrer les diverses préoccupations soulevées par les députés nationaux, a fixé ces derniers sur la conjugaison des facteurs qui ont caractérisé l'élaboration de ce projet de loi.
Il y a d'abord, l'organisation effective en 2013 des élections provinciales et sénatoriales impliquant des dépenses subséquentes en 2012.
Ensuite, c'est la conclusion de la dernière revue du programme économique du gouvernement et la négociation d'un autre programme avec les institutions de Bretton Wood, notamment le Fonds monétaire international.
Enfin, c'est aussi l'entrée en vigueur des dispositions pertinentes de la loi numéro 11/011 du 13 juillet 2011 relative aux Finances publiques qui intègre le contexte de la décentralisation telle que consacrée par la Constitution et l'approche de la gestion axée sur les résultats.
S'agissant de la mise en perspective du programme du gouvernement, le Premier ministre a fait remarquer que le gouvernement veut établir un lien étroit entre les politiques publiques et le budget de l'Etat afin d'introduire la culture des résultats et de la performance dans la gestion des Finances publiques.
«A travers son programme, le gouvernement traduisant la vision de la révolution de la modernité prônée par le président de la République, poursuit 6 grands objectifs autour desquels est bâti la stratégie budgétaire qui sous- tend désormais le budget de l'Etat». Il faudra poursuivre et finaliser les réformes institutionnelles en vue de renforcer l'efficacité de l'Etat.
Il faudra consolider la stabilité du cadre macro-économique et accélérer la croissance afin de réduire la pauvreté ; poursuivre la construction et la modernisation des infrastructures de base ; améliorer le cadre de vie et les conditions sociales de la population ; renforcer le capital humain et l'éducation à la citoyenneté, et enfin renforcer la diplomatie et la coopération au développement», a- t-il déclaré.
Des réactions
Si la Majorité n'hésite pas d'emblée à montrer le soutien inconditionnel à ce projet du gouvernement présenté par le Premier ministre, l'Opposition n’est pas allée par quatre chemins pour qualifier son caractère irréaliste. Jean Lucien Bussa y voit une rigueur à double vitesse, avec les institutions président de la République et gouvernement passés pour être de mauvais élèves dans la discipline budgétaire.
Selon le MLC Bussa, en ce qui concerne les recettes d'origine interne, il y a un potentiel fiscal énorme qui, par le mécanisme de fraude et de la mauvaise gouvernance ne permet pas à l'Etat congolais de saisir l'ensemble de ces recettes et d'améliorer les moyens qui lui permettent de pouvoir les affecter pour le développement du pays.
Quant à Rémy Massamba de l'UDPD, il attend du Premier ministre l'engagement ferme pour la décentralisation administrative et financière.
Le député Valentin Senga, lui, s'insurge contre la disparité en terme de budget d'investissement entre les provinces. D'autres critiques sur le Budget 2012 concernent la minorisation des moyens alloués à la défense pour un pays en guerre. 6,9 % en 2011, le budget ne prévoit que 2% en cette année, alors que soutient François Zekuye le pays est en guerre. Ce dernier regrette aussi la diminution sensible de fonds alloués à la diplomatie et à la lutte contre la corruption et l'impunité.
Pitshou Mulumba
Par Le Potentiel
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